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SCÈNE II LE BiARQUIS, VIRGINE

LE MARQUIS

fié bien, comment la nuit s'est-elle ici^passée? Que fait-on?

VIRGINB.

Bfa maltresse est fort embarrassée,

Et ce que l'Inconnu fait pour la régaler, Lui donne à tous moments matière de parler. Olympe, aussi bien qu'elle, admire son adresse, Sa manière engageante ; et toutes deux, saoscesse, Font rouler l'entretien sur les soins d'un amant Qui, sans se découvrir^ aime si fortement.

LE MARQUIS

Si toujours le succès répond à l'entreprise, La suite aura de quoi mériter leur surprise.

VIRGINE

Ce qui m*en cause à moi, dont je ne reviens pas, C'est de vous voir tranquille, et si peu dembarnSi Que quelque fête ici tous les jours qui se doDuj Onen chercherauteur,sansque l'onvous soupçonne.

LE MARQUIS

Par où me soupçonner? J'en ai peu de souci. Je loge dans le bourg à quatre pas d*ici. Tous mes gens, hors un seul qui sait ce qu'il faut Passent là toutle jour à rire, à ne rien faire; [taire, Et cet unique agent, par qui toutse conduit, Va porter dans un bois mes ordres chaque unit. Peut-on mieux assurer un secret?

VIRGINE

Je l'aToue, Tant de précaution mérite qu'on vous loue; Mais vous perdrez beaucoup à vous cacher aio». Déjà pour vous Olympe a le cœur adouci; Et le galant auteur de tant de belles fêtes, La mettrait aisément au rang de ses conquêtes.

Il est vrai, j'ai connu par certain embarras Qu'elle serait d'humeur à ne me haïr pas; Mais, quand je serais moins à ma belle comlesse, Olympe au chevalier doit toute sa tendresse, Il l'adore ; et je l'ai toujours trop estimé, Pour lui ravir l'objet dont je le vois charmé.

VIRGINE

Ma maîtresse aime 01ympe,et pour voir cette belle, Permet au chevalier un libre accès chez elle. Depuis qu'elle est ici, par mille tendres soins, De l'amour qui l'attire il rend nos yeux témoins; Mais, plus on voiis verra, plus je crains pour sa

[flamme, Lesdevoirsqu'illuirendnetouchentpointsooioe; Et ses regards sur vous à toute heure arrêtés, Ne parleraient que trop s'ils étaient écoulés : Mais vous, par quel motif vouloir toujours tocs A-t-^n àsecacherquand onestsûrdeplaire? [tairef Vos soins, sous votre nom, auraient été reçQ^

LE MARQUIS

Chacun a ses raisons, et j'en ai là-dessas. Tout ce qui peut charmer se trouve en la comlesse, Mais, soit par défiance ou par délicatesse, Le secret de son cœur se ménage si bien. Qu'avec elle un amant n'est jamais sAr de nen : Elle veut être aimée, attire, écoute, engage, Mais le plus avancé n'a pas grand avantage : La presser, c'est se rendre indigne de sa foi; Et vingt fois, tu le sais, elle a dit devant moi

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