SCÈNE I OLYMPE, MÉLÏSSE
MÉLISSE
Ainsi, par une vue au chevalier fatale,
La comtesse en ces lieux trouve en vous sa rivale?
OLYMPE
D est vrai, c*est ici que j'ai pris malgré moi. Ce qui vers le marquis a fait pencher ma foi. A le Toir, à l'entendre, à toute heure exposée, Tai cru ne risquer rien, et me suis abusée; Son esprit engageant, son air plein de douceur. Sa mine, tout pour lui m*a demandé mon cœur. Poar peuqu'on se hasarde auprès d'un vrai mérite, Qae la raison est faible, et que ce cœur va vite ! D'un tendre mouvement Tappât flatteur et doux Ifa fait voir la comtesse avec des yeux jaloux. S'il lui parle un moment, je m'en sens inquiète; Et trop pleine du trouble où ce chagrin me jette, Dans ce bois frais et sombre où je la viens trouver, lela cherche à pas lents, et n'aime qu'à rêver.
MELISSE.
iais vous n*ignorez pas qu'il aime la comtesse ?
OLYMPE
Sous pouvons l'une et l'autre avoirmérae faiblesse: l'aimais le chevalier avant ce changement, ^ moins je le souffrais en qualité d'amant, ^pendant le marquis fait balancer mon âme ; ^t, quoiqu'à la comtesse il ait montré sa flamme, }ue sait-on si l'amour, pour m'assurer sa foi, S^aura pas fait en lui ce qu'il a fait en moi ? rusaiscequ'ilm'adit,loinqu'ilenprenneombrage, >) voit avec plaisir que l'Inconnu l'engage, }u'il s'en fasse estimer, et voudrait que l'amour, Pour les unir ensemble, eût déjà pris le jour.
Me découvrir ainsi le secret de son âme, Mélisse, n'est-ce pas me parler de sa flamme, ^ Et me dire à demi que son cœur tout à moi N'aspire qu'au bonheur de dégager sa foi?
MBUSSE.
Gardez de vous flatter, on croit ce qu'on désire; Mais souvent...
OLYMPE
Ne crains rien. Si pour lui je soupire. L'amour qui m'y contraint se conduira si bien. Qu'aux yeux de la comtesse il n'en paraîtra rien. Tout ce que je prétends, est de vanter sans cesse Les soins de l'Inconnu, son esprit, son adresse ; Et si de cet amour son hymen est le prix, Je pourrai faire alors expliquer le marquis.
MéLISSE.
Ainsi, le chevalier n'a plus rien à protendre ? .
OLYMPE
Le voici, je ne puis refuser de l'entendre ;
Mais son amour du mien s'est un peu trop promis.