SCÈNE VII
LA COMTESSE, LE MARQUIS, LE CHEVAIJER, OLYMPE, LA MONTAGNE représentant Cornus, VIRGINE, MËUSSE, suite de Comus.
COMUS
Madame, par hasard, si Comus est un dieu
Qui soit de votre connaissance, Vous le voyez en moi qui parais en ce lieu
Pour vous jurer obéissance.
Je suis un grand maître en festins, A les bien ordonner on connaît mon génie; Et l'Amour, dont le goût fut toujours des plus fins,
Voulant en bonne compagnie Vous donner un régal approchant des divins^ M'a fait maître d'hôtel de la cérémonie.
C'est un dieu, quoique très petit,
A qui l'on peut céder sans honte.
Marchez sous sa conduite, et rendez-vous plus
A faire tout ce qu'il vous dit, [prompte
Vous y trouverez voire compte.
LA comtesse.
Sur l'espérance des douceurs Dont l'Amour doit combler nos cœurs Quand une fois il s'en empare.
Je suivrais volontiers ses pas; Mais, comme il est enfant, j'ai peur qu'il ne s'égare; Et j'aime à ne me perdre pas.
COMUS
Avancez, il est temps. Vite, que l'on commence.
< Il fait signe à des paysans qui s'avancent, et qui forment na berceau composé de dix figures isolées en forme de termes de bronze doré, cinq de chaque côté, Tune d'homme etTantre de femme, tenant chacune en l'une de leurs mains un bassio de porcelaine rempli de toute sorte de fruits en pyramide. Ces figures depuis la ceinture se terminent en gaines, et ces gaines sont environnées de pampres de vignes chargés de raisins. Chaque figure est portée sur son piédestal de marbre d'Orient, où il y a de petites consoles dans les saillies qui soutiennent des porcelaines de différentes manièrvi, remplies de pyramides de fruits aussi beaux que les aute^. Du milieu de ces consoles pendent des festons de flean. Toutes les figures de ce berceau portent sur leurs tétet de grands vases de porcelaines qu'elles soutiennent d'âne maim et qui sont remplis en confbsion de fleufs naturelles. Les cintres naissent de cet fleurs, et forment des figures dntiées de difi'érontes manières de verdure coupées, d'où pendent des festons de fleurs et de toile d'or. L'optique de ce berceao où devrait être un buffet, est d'une manière tout extraordinaire. On y voit plusieurs degrés de gazon, et sur le plu élevé parait un Bacchus tenant d'une main un vase d'or, et de l'autre une coupe. Il est environné de plusieurs rases d'or et d'argent. L4t déesse des fruits est à son aile droite, et & sa gauche Gérés tient dans une corbeille ce qui eit de son ministère. Flore est un peu plus bas. On voit k ses côtéi de grandes corbeilles de fleurs; et, comme elle en tieot encore beaucoup, on connaît qu'elle en couvre tout le gasoo qui l'environne, ce qui se remarque par celles qui sont déjà sur ce gazon. Au-dessous de Flore, on voit l'Abondanoe avec deux cornets qu'elle vide dans deux corbeilles qoe tiennent deux Satyres qui sont sur un degré plus bas, à demi courbés, et en postures de gens qui reçoivent Eotra toutes ces figures paraissent Pan et Sylvain accompagnés d'Orphée qui tient son luth, et les deux autres des flàtes. Le tout est fini par un degré de gazon, aux deux boots duquel il y a deux scabelons fort riches, et portant cbacoo un grand vase d'or ; de sorte que sans avoir dressé on buffet de la manière ordinaire, on en voit paraître un beaacoop plus beau, auquel il ne manque rien, puisque Baccbos et Gérés y apportent ce qu'on peut attendre d'eux, et qoe Flore elle-même prend soin de le venir orner.)
LE CHEVALIER, à la comteue.
Tant de galanterie a droit de vous charmer, Madame.
OLVMPB.
N'épargnez ni peine, ni dépense, Pour fournir des plaisirs toujours en aboodance, G*c8t là ce qui s*appelle aimer.