LA COMTESSE, LE CHEVALIER, LE MARQUIS, VIRGINE
Hé bien, Olympe?
LA COMTESSE
LE CHEVALIER
En vain m^ passion se flatte,
Toujours même fierté dans sa froideur éclate; Et ce qui rend, surtout, mon esprit abattu, C'est ce qu'elle m'a dit, et que je vous ai tu. Si je veux qu'elle soit favorable à ma flamme, Il faut pour l'Inconnu que je touche votre âme : Je ne puis être heureux, s'il n'obtient votre foi.
LA COMTESSE
Et contre le marquis vous prenez cet emploi? C'est trahir l'amitié qui vous unit ensemble.
LE CHEVALIER
A vous parler ainsi, je l'avouerai, je tremble, Et me tairais encor, si l'aveu du marquis Ne m'autorisait pas à ce que je vous dis. Sûr que rien ne peut nuire à son amour extrême, A satisfaire Olympe il m'a porté lui-même; Et j'aurai tout gagné, si je puis obtenir Que vos bontés pour moi la daignent prévenir. Dites-lui qu'envers vous j'ai tout faitpour lui plaire.
LE MARQUIS
Madame.
LA COMTESSE, au marquii.
Je commence à percer le mystère.
Olympe au chevalier fait paraître à vos yeux Tout ce qu'a le mépris le plus injurieux. A servir llnconou son adresse l'engage; Et, loin de murmurer d'un si sensible outrage, A ce même Inconnu faussement généreux, Vous-même vous osez sacrifier vos vœux?
Chevalier, je ne sais si je me fais entendre. Mais le nœud de l'intrigue est facile à comprendre: Olympe et le marquis, l'un de l'autre charmés, Me craignent pour obstacle à leurs cœurs enflam-
LE CHEVALIER. [méS.
Le marquis aimerait Olympe?
LE MARQUIS
Moi, madame?
Vous le croyez?
LE CHEVALIER
L'ingrat! Il trahirait ma flamme!
Olympe à qui mes soins tendrement attachés... Ah! Si je le croyais...
LA COMTESSE
Quoi, VOUS vous en fàcbex?
Vous regrettez un cœur que ri nconstance entraîne? Vous en plaignez la perte? Il n'en vaut pas la peine. Faites mieux, dédaignez ce manquement de foi : On nous quitte tous deux, riez-en comme moi. Vous m'en voyez déjà tellement consolée, Que si...
LE CHEVALIER
Des trahisons c'est la plus signalée* Le marquis...
A quoi bon ces mouvements jaloux?
LE CHEVALIER
Je sors pour ne me pas échapper devant vous; Mais en vain votre exemple à souffrir me cootiet Avant qu'il m'ête Olympe, il m'êtera la vie; C'est à lui d'y penser.