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LE FESTIN DE PIERRE, ACTE III, SCÈNE V

THÉRÈSE, à Léonor,

Petite fille, Passez de ce côté.

SGANÂRELLE, coHtinuatii,

Ne différez jamais.

D. JUAN, bas à Léonor^ Vous vieodrez donc ce soir?

LÉONOR

Oui, je vous le promets.

SGANARELLE

À VOUS cataplasmer commencez de bonne heure. En quel lieu faites-vous ici votre demeure?

THÉRÈSE

Vous voyez ma maison.

SGANARELLE, tirant sa tabatière.

Dans trois heures d*ici Prenez dans un œuf frais de cette poudre-ci. Et du reste du jour ne parlez à personne. Voilà, jusqu'à demain, ce que je vous ordonne; Je ne manquerai pas à me rendre chez vous.

THÉRÈSE

Venez, vous faites seul mon espoir le plus doux. Allons, petite fille, aidez-moi.

LÉONOR

Çà, ma tante.

D. JUAN, SGANARELLE

Qu'en dites-vous, monsieur ?

D. JUAN

La rencontre est plaisante.

SGANARELLE

M'érigeant en docteur, j'ai là, fort à propos. Pour abuser la tante, étalé de grands mots.

D. JUAN

Où diable as-tu poché ce jargon?

SGANARELLE

Laissez faire ; J'ai servi quelque temps chez un apothicaire. S'il faut jaser encor, je suis médecin né. Mais ce tabac en poudre à la vieille donné ?

D. JUAN

Sa nièce est fort aimable, et doit ici se rendre Quand le jour...

SGANARELLE

Quoi, monsieur, vous Ty viendrez ato. JUAN. [tendre?

Oui, sans doute.

SGANARELLE

Et de là, vous, l'épouseur banal.

Vous irez lui passer un écrit nuptial?

D. JUAN

Souffrir, fauted'un mot, qu'elle échappe à ma Ûam-

SGANARELLE. [mC?

Quel diable de métier! Toujours femme sur femme?

D. JUAN

En vain pour moi ton zèle y voit de l'embarras,

Les femmes n'en font point.

SGANARELLE

Je ne vous comprends pas.

Mille gens, dont je vois partout qu'on se contente, En ontsouvenl trop d'une, et vous en prenez trente?

D. JUAN

Je ne me pique pas aussi de les garder,

Le grand nombreencecaspourraitm'incommoder.

SG^ARELLE,

Pourq uoi? Vous en feriez un sérail. Mais je tremble. Quel ( liquetis, monsieur ? Ah !

D. JUAN

Trois hommes ensemble En attaquent UD seul, il faut le secourir.

SGANARELLE, Seul.

Voilà l'humeur de l'homme. Où s'en va- t-il courir? S'aller faire échiner, sans qu'il soit nécessaire. Quels grandscoups il allonge! Il fautle laisser faire. Le plus sûr cependant est de m'aller cacher. S'il a besoin de moi, qu'il vienne me chercher.

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