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LE FESTIN DE PIERRE, ACTE IV, SCÈNE VI

rai bieu grondé mes gens, qui sans dou le ont eu tort De n'avoir pas voulu vous faire entrer d'abord; Ils ont ordre aujourd'hui de n'ouvrir à personne, Mais ce n'est pas pour vous que cet ordre se donne ; Et vous êtes en droit, quand vous venez chez moi. De n'y trouver jamais rien de fermé.

M. DIMANCHE

Je croi, Monsieur, qu'il...

D. JUAN

Les coquins! Voyez, laisser attendre Monsieur Dimanche seul! Oh, je veux leur appren- A connaître les gens. [dre

M. DIMANCHE

Cela n'est rien.

Comment?

Quand je suis dans ma chambre, oser effrontément Dire à monsieur Dimanche, au meilleur...

M. DIMANCHE

Sans colère.

Monsieur, une autre fois ils craindront de le faire. J'étais venu...

D. JUAN

Jamais ils ne font autrement.

Çà, pour monsieur Dimanche, un siège, prompte-

H. DIMANCHE. [meut.

Je suis dans mon devoir.

D. JUAN

Debout! Que je l'endure!

Non, vous serez assis.

M. DIMANCHE

Monsieur, je vous conjure...

D. JUAN

Apportez. Je vous aime, et je vous vois d'un œil... Otez-moi ce pliant, et donnez un fauteuil.

M. DIMANCHE

Je n'ai garde, monsieur, de...

D. JUAN

Je le dis encore.

Au point que je vous aime, et que je vous honore, Je ne souffrirai point qu'on mette entre nous deux Aucune différence.

M. DIMANCHE

Ah! Monsieur.

D. JUAN

Je le veux.

Allons, asseyez-vous.

M. DIMANCHE

Comme le temps empire...

D. JUAN

Mettez-vous là.

M. DIMANCHE

Monsieur, je n'ai qu'un mot à dire.

J'étais...

D. JUAN

Mettez-vous là, vous dis-je.

M. DIMANCHE

Je suis bien.

D. JUAN

Non, si vous n'êtes là, je n'écouterai rien.

M. DIMANCHE, s^atseyant dan$ vn fatUeÊtl, Cest pour vous obéir. Sans le besoin extrême...

D. JUAN

Parbleu, monsieur Dimanche, avouez-le voas- Vous vous portez bien. (même.

M. DIMANCHE

Oui, mieux depuis quelques mois Que je ne l'avais fait. Je suis...

D. JUAN

Plus je vous Tois, Plus j'admire sur vous certain vif qui s'épanche. Quel teint!

M. DIMANCHE

Je viens, monsieur...

D. JUAN

Et madame Dimanche, Comment se porte-t-elle?

M. DIMANCHE

Assez bien. Dieu merci.

Je viens vous...

D. JUAN

Du ménage elle a tout le souci; C'est une brave femme.

M. DIMANCHE

Elle est votre servaole.

J'étais...

D. JUAN

Elle a tout lieu d'avoir l'âme contente. Que ses enfants sont beaux. La petite Louison, Je...

M. DIMANCHE

C'est l'enfant gâté, monsieur, de la maison. Hé?

Rien n'est si joli.

M. DIMANCHE

Monsieur, je...

D. JUAN

Quejeraime!

Et le petit Colin, est-il encor de même? Fait-il toujours grand bruit avecque son tambour?

M. DIMANCHE

Oui, monsieur, on en est étourdi toutle joar. Je venais...

D. JUAN

Et Brusquet, est-ce à son ordinaire* L'aimable petit chien, pour ne pouvoir se taire; Mord-il toujours les gens aux jambes?

M. DIMANCHE

A ravir.

C'est pis que ce n'était, nous n'en saurions chcvir Et quand il ne voit pas notre petite fille...

D. JUAN

Je prends tant d'intérêt eu toute la famille, Qu'on doit peu s'étonner si je m'informe ainsi De tous l'un après l'autre.

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