LE FESTIN DE PIERRE, ACTE IV, SCÈNE X
Ce que doit mériter l'état où je me voi. Votre salut fait seul mes plus fortes alarmes, Ne le refusez point à mes yœux, à mes larmes ; Et si Yotre intérêt ne vous saurait toucher, Aa crime en ma faveur daignez vous arracher. Et m'épargner Tennui d'avoir pour vous à crain-
fdre Le courroux que jamais le ciel ne laisse éteindre.
8GANÀRBLLE.
La pauvre femme !
ELVIRB.
Enfin, si le faux nom d'époux M'a fait tout oublier pour vivre toute à vous, Si je vous ai fait voir la plus forte tendresse Qui jamais d'un cœur noble ait été la maîtresse, Tool le prix que j'en veux, c'est de vous voir songer Aa bonheur que pour vous je tâche à ménager.
86ANABBLLB.
Cœur de tigre!
ELVIRB.
Voyez que tout est périssable.
Examinez la peine infaillible au coupable, El de votre salut faites-vous une loi, Oa pour Tamour de vous, ou pour l'amour de moi. C'est à ce but qu'il faut que tous vos désirs tendent, Et ce que, de nouveau, mes larmes vous deman- Si ces larmes sont peu, j'ose vous en presser [dent. Par tout ce qui jamais vous put intéresser. Après cette prière, adieu, je me retire. Songez à vous, c'est tout ce que j'avais à dire.
D. JUÂN.
J'ai fort prêté l'oreille à ce pieux discours, Madame, avecque moi demeurez quelques jours; Peal-étre en vous parlant vous me toucherez l'àme.
BLVIRE.
Demeurer avec vous n'étant point votre femme!
Je vous ai découvert de grandes vérités,
Don Juan, craignez tout, si vous n'en profitez.