SCÈNE II D. BERTRAND, LÉONOB, D. FÉLIX, MENDOCE
O. BERTRAND
Je me soutiens à peine.
Au diable soit la mule avec le muletier.
D. FÉLIX
Hé bien, Mendoce, vois ce lourdaud, ce grossier, C'est là ce don Bertrand.
HENDOCK.
0 l'homme ridicule!
D. BERTUAND.
Quel chien de trot allait cette maudite mule ! J'en ai le col démis et les os tout rompus.
LÉONOR
Quand vous vous marierez il n'y paraîtra plus.
Vous parlez donc proverbe, 6 sœur à blonde tresse ?
LEONOR
Toute douleur s'apaise auprès d'une maltresse. Ah! Si pareil bonheur...
D. BERTRAND
C'est bien pour votre nez.
LEONOR
Si VOUS vouliez pourtant...
D. BERTRAND
Ah ! Vous m'importunez.
LÉONOR
Don Alvar...
D. BERTRAND
Don Alvar n'est pas en cor trop sage.
Je veux laisser mûrir son esprit davantage; Pour quelque couple d'ans rengainez vos amours.
LÉONOR
Mais vous ne songez pas que je vieillis toujours.
D. BERTRAND
N'importe.
LÉONOR. I
Puisqu'il m'aime... I
D. BERTRAND
Achevons, je vousprie.
Vous devriez...
D. BERTRAND
Suffit qu'un de nous se marie; Je vous le tranche net devant ce cavalier.
D. FÉLIX
Vous venez donc ici, monsieur, vous marier?
D. BERTRAND
A peu près, et ma sœur semble en être jalouse. Pourpeu que vous lardiez vous verrez mon épouse : Elle viendra bientôt, je l'ai mandée exprès ; On m'a dit qu'elle est belle à regarder de près.
D. FÉLIX
A voir ce que le ciel aujourd'hui lui prépare, Je la crois d'un mérite et bien haut et bien rare; L'éclat de son bonheur blessera bien des yeux.
D. BERTRAND
N'importe, elle m'aura malgré les envieux; Mais on m'en vient enfin dire quelque nouvelle; Je vois un de mes gens.