‹ Théatre completChapitre 134 sur 1461 · SCÈNE II D. BERTRAND, LÉONOB, D. FÉLIX, MENDOCE · texte numérisé non relu

SCÈNE II D. BERTRAND, LÉONOB, D. FÉLIX, MENDOCE

O. BERTRAND

Je me soutiens à peine.

Au diable soit la mule avec le muletier.

D. FÉLIX

Hé bien, Mendoce, vois ce lourdaud, ce grossier, C'est là ce don Bertrand.

HENDOCK.

0 l'homme ridicule!

D. BERTUAND.

Quel chien de trot allait cette maudite mule ! J'en ai le col démis et les os tout rompus.

LÉONOR

Quand vous vous marierez il n'y paraîtra plus.

Vous parlez donc proverbe, 6 sœur à blonde tresse ?

LEONOR

Toute douleur s'apaise auprès d'une maltresse. Ah! Si pareil bonheur...

D. BERTRAND

C'est bien pour votre nez.

LEONOR

Si VOUS vouliez pourtant...

D. BERTRAND

Ah ! Vous m'importunez.

LÉONOR

Don Alvar...

D. BERTRAND

Don Alvar n'est pas en cor trop sage.

Je veux laisser mûrir son esprit davantage; Pour quelque couple d'ans rengainez vos amours.

LÉONOR

Mais vous ne songez pas que je vieillis toujours.

D. BERTRAND

N'importe.

LÉONOR. I

Puisqu'il m'aime... I

D. BERTRAND

Achevons, je vousprie.

Vous devriez...

D. BERTRAND

Suffit qu'un de nous se marie; Je vous le tranche net devant ce cavalier.

D. FÉLIX

Vous venez donc ici, monsieur, vous marier?

D. BERTRAND

A peu près, et ma sœur semble en être jalouse. Pourpeu que vous lardiez vous verrez mon épouse : Elle viendra bientôt, je l'ai mandée exprès ; On m'a dit qu'elle est belle à regarder de près.

D. FÉLIX

A voir ce que le ciel aujourd'hui lui prépare, Je la crois d'un mérite et bien haut et bien rare; L'éclat de son bonheur blessera bien des yeux.

D. BERTRAND

N'importe, elle m'aura malgré les envieux; Mais on m'en vient enfin dire quelque nouvelle; Je vois un de mes gens.

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