‹ Théatre completChapitre 136 sur 1461 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

D. GARCIE, D. BERTRAND, D. ALVAR, D. FÉLIX, ISABELLE masquée, LÉONOR, JACINTE, GUZMAN, MB^DOCE.

JACINTE

Quelle figure d'homme!

ISABELLE

0 le vilain époux 1 Est-il riea de plus laid ?

D. BBRTBAND.

Beau-père, approcbez-vous.

(i âoH Àivar,) A mes ordres ainsi vous êtes réfractaire, El vous m'avez enQn amené le beau-père.

Û. GARCie.

Je vieos vous témoigner qu'en vain...

D. B&RTRANO.

Sans compliment.

Ojrez aa mot ici.

JACUSTB, à Itabelle regardant Lionor.

C'est elle assurément, C'est cette blonde sœur de don Alvar éprise ; Mais voyez don Félix..,

ISABELLE

0 ciel, quelle surprise!

Qae don Félix ainsi vienne mal à propos Jusqu'ici me déplaire et troubler mon repos !

D. FÉLIX

Mendoce^ elle me voit.

D. GARCIE, à D. Bertrand,

C'est une affaire faite, Sa volonté se borne à ce que je souhaite.

D. BERTRAND

Je pois donc lui parler ainsi qu'il me plaira?

D. GAUCIE.

Sans doute.

D. BERTRAND

Et mon discours...

D. GARCIE

Soudain la charmera.

ie m'en vais l'aborder. Ah î madame Isabelle, Ou bien vous êtes laide, ou bien vous êtes belle : Or, si vous êtes laide, il vous faut sur ma foi, Ne montrer vos laideurs à personne qu'à moi; Et si vous êtes belle, à bon droit j'appréheude; Car îa fragilité du sexe est assez grande : AÎDSt soit belle ou laide, et dùt-ou s'en moquer. C'est fort bien avisé que vous faire masquer.

ISABELLE, à Jacinle, L impertinent discours! Quelle réponse y faire?

JACINTE.-

Songez-y toutefois, il l'attend.

D. BERTRAND

Oh I beau-père, Elle ne répond point, qui peut l'en empêcher?

D. GARCIE

Contre la modestie elle craint de pécher?

D. BERTRAND

Sur le point de se voir richement mariée, L'aise la tient ainsi sans doute extasiée 7

D. GARCIE

Parler bien à propos est fort rare aujourd'hui.

O. BERTRAND

11 est vrai, par soi-même on juge mal d'autrui : C'est donc qu'elle n'a pas en main la répartie?

D. UARCIE.

Je vous ai déjà dit que c'est par modestie.

Vous tairez-vous toujours, objet, ma passion?

ISABELLE

Le sileuce est reffet de l'admiration.

Et vos rares vertus, qui font que je soupire,

M'étonnent tellement que je ne sais que dire :

Leur éclat a surpris mon cœur au dépourvu,

Et si sans vous connaître, et sans vous avoir vu.

Les compliments civils dont votre lettre est pleine

M'ont interdit les sens, et mis l'àme à la gêne,

Jugez si je les puis aisément rappeler,

Et vous voyant vous-même, et vous oyant parler.

D. ALVAR, û Guzman, Il ne s'aperçoit pas qu'on le raille.

D. BERTRAND

Ah, galante !

Plus matoise que vous n'est pas trop innocente. Hé bien, que dites-vous de ce discours adroit. Ma sœur?

LÉONOR

Qu'elle répond comme une autre ferait.

D. BERTRAND

Et mon cousin?

D. ALVAR

Qu'il faut que tout autre lui cède.

Et qu'elle a trop d'esprit pour ne pas être laide.

D. FÉLIX, bat.

J'éprouve le contraire, hélas, à mes dépens.

LÉONOR

Faites-la démasquer, mon frère, il en est temps.

D. BERTRAND

Oui, çà, voyons un peu quelle est votre figure, Et si vous n*êtes point de laide regardure.

ISABELLE, te dématquant»

C'est à moi d'obéir, puisque vous l'ordonnez.

D. ALVAR

Qui vois-je ! Hélas, Guzman !

GUZMAN

Quoi donc, vous en D. FEUX) û Mendoce^ A la voir seulement que mon àme est ravie I

Page 1