SCÈNE IV ROGER, MARPHISE, ISMÉNE
BOGEB.
Croire qu'à me trahir la couronne l'engage! Perdez, ma sœur, perdez un soupçon qui l'outra-
MABPHISE. [ge.
Ah ! mon frère! Pourquoi vouloir vous abuser? Sa langueur au combat se peut-elle excuser? Léon, dont on voyait l'inquiétude extrême. Tâchait, en reculant, d'épargner ce qu'il aime; Et son bras, que sa vue avait intimidé, N'aurait jamais vaincu si le sien n'eût cédé. Non, on ne comprend pas dans l'orgueil qui l'ins- BOGEB. [pire...
Je sais, je compi*ends tout, etje ne puis rien dire. Si pendant le combat son bras s'est retenu, De ce qui l'arrêtait le pouvoir m'est connu. Prête à verser du sang, l'horreur qui la désarme D'un ascendant secret me découvre le charme; Je vois ce qu'elle-même elle n'a pu savoir. Ce qui m'arrive, ô ciel, se peut-il concevoir; Adieu, ma sœur, cessez d'accuser Bradamante, C'est offenser sa gloire, elle a l'âme constante; Et de tous les amants qui brûlent de beaux feux Je suis le plus à plaindre, et le plus malheureux.