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BRADAMANTE, ACTE V, SCÈNE IV

Je sais qu*il est fâcheux d'étouffer une flamme Dont le sensible appas...

LÉON

Je le vois bien, madame, Sur moi, sur mon amour, Roger toujours aimé Doit emporter le prix qui m'avait trop charmé.

ROGER

Seigneur, n'insullez point à mon malheur extrê- Je sais... [me...

RRADAMANTB.

Non, je n'agis ici que pour moi-même; Et reprenant ma foi, je veux bien m'engager A n'en disposer pas en faveur de Roger. Jen'examineipoint s'il peut encor pré tendre [tendre. Aux douceurs d'un penchant que j'eus pour lui trop Libre à le suivre un jour sur le choix d'un époux, Peut-être ce penchant me parlera pour vous. Vous devant une estime et parfaite et sincère, Je me dirai qu'en tout vous m'avez vouhi plaire, Et de moi-même enfin triomphant à mon tour, Je pourrai de l'estime aller jusqu'à l'amour; Mais il faut que le temps m'y conduise, m'y mène. En l'état où je suis, inquiète, incertaine. Voyant votre victoire avec des yeux jaloux. Je sens bien que mon cœur n'est point digne de Laissez-le s'affranchir d'un reste de faiblesse [vous; Dont ma fierté sit^t ne peut être maîtresse. Quand les yeux mieux ouverts sur ce que je vous LÉON. [doi...

Non, madame, le temps ne ferait rien pour moi ; Puisque toute la cour attend votre hy menée, Remplissons les décrets de notre destinée, Suivons ^ans différer ce qu'elle a résolu.

ROGER

Ah, ciel !

RRADAMANTE.

Vous VOUS servez du pouvoir absolu.

Je ne le puis nier, mon malheur vous le donne. Vous vous êtes acquis des droits sur ma personne; Mais peut-être il n'est pasd'un généreux vainqueur, De vouloir une main qui ne suit pas le cœur.

LÉON

Comme en ce que je fais la gloire m'autorise, J'espère que le cœur suivra la foi promise. Le vainqueur vous obtient, n'en prenez point d'en- Ce vainqueur est Roger, et vous êtes à lui. [nui,

RRADAMANTE.

Roger? Ciel I

ROGER

Ah, seigneur!

LÉON

Madame^ plus d'alarmes.

Roger a combattu sous mon nom, sous mes armes ; Et son bras dont les coups ont dû vous étonner, A mérité le prix que j'ose abandonner. ' Je veux faire encor plus, l'ambition d un père, Quandje vous rendsà vous,vous peut être contraire. Je vais, par tant de soins, combattre sa rigueur. Qu'à force de presser je toucherai son cœur.

Par ses déguisements Roger m'a fait outrage; Essayons de le vaincre en grandeur de courage, Quoi qu'un pareil triomphe ait pour moi de fatal, C'est ainsi que Léon se venge d'un rival.

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