SCÈNE IV LÈOiNOR, GUZMAN
LÉONOR
Guzman, que j'ai dans l'àme un déplaisir profond! On rit...
GUZMAN
Hé bien, riez comme les autres font, C'est contre le chagrin un souverain remède.
LÉONOR
Si l'on rit, c'est du feu dont Tardeur me possède; Et pour te découvrir le secret de mon cœur. Le traître don Alvar se rit de ma langueur. Mais, Guzman, tire-moi de mon inquiétude, Qui le peut obliger à cette ingratitude? Car tu sais jusqu'ici qu'il m'a voulu du bien.
GUZMAN
A vous dire le vrai, ma foi, je n'en sais rien.
LEONOR
Toi, qui m'as tant de fois découvert sa pensée Quand de quelque soupçon j'avais l'âme blessée. Tu ne me réponds rien aujourd'hui là-dessus?
GUZMAN
Je la savais alors, mais je ne la sais plus.
II se cache de toi?
GUZMAN
Bien plus qu'à l'ordinaire*
LÉONOR
Mais cette nuit encor, ce qui me désespère,