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L'AMOUR A LA MODE, ACTE I, SCÈNE IL

« On peut, pour eu juger, en prenant la balance, Leur opposer Thonneur de vous voir dans mes fers : Si vous êtes d'accord de cette expérience, Toffrede tous donner mon cœur, si je le perds.»

Sa réponse est adroite autant qu'elle est galante, Taime tous ces dehors d*une humeur arrogante: Et ce charmant orgueil à m'écrire affecte. N'a pas moins de pouvoir sur moi que sa beauté.

CLITON

Youschantiez un peu haut, elle vous rend le change.

ORONTB.

Saiettre aussi pour moi, Cliton, n'a rien d^étrange, Si le style en est fier, il imite le mien. Je vantais mon mérite, elle vante le sien.

GLITOlf.

Cest vous payer sur l'heure en la même monnaie.

ORONTB.

Foor surprendre mon cœur c'est la plus sûre voie. Cette présomption qu'elle étale à son tour, Ne fut jamais défaut en matière d'amour: Une belle âme seule en peut être capable, Ou, si c'est un défaut, c'est un défaut aimable. Quelque superbe humeur que je témoigne avoir, J'aime qu'un bel objet se fasse un peu valoir, Qu'il voie avec dédain qu'à l'aimer on s'apprête. Et me mette à haut prix l'espoir de sa conquête. Ne montrer dès l'abord, ni mépris ni rigueur, Bien loin de l'acquérir, c'est mendier un cœur; I Et ce cœur qui se rend quand on l'en sollicite, I Se doDoe à la pitié bien plutôt qu'au mérite :

Le mien à ces appas se laisse peu toucher, ! Testime seulement ce qui me coûte cher.

Et, pour te dire tout, la faveur la plus grande N'est point pour moi faveurà moins qu'on mêla vencuTON. [de.

Vous avez en amour le goût bien dépravé : Mais, Flore, qu'en est-il ?

ORONTB.

Son règne est achevé, Mon âme à ses rigueurs à la fin s'est soustraite.

CLITON

Mais vous aimez pourtant, monsieur, qu'on vous ORONTB. [maltraite?

Oui, pourvu qu'un rival ne soit pas mieux traité. Et qo'oo me fasse voir une noble fierté. Qui, semblant s'indigner de mon peu de mérite. Loin d'amortir mon feu, l'entretienne et l'irrite : lais eofin Dorotée a beau dissimuler, D'une flamme secrète elle se sent brûler. Et son cœur à l'amour jusqu'ici bien sensible Veut perdre en ma faveur le titre d'invincible, J'ose en juger par moi qui cède à ses appas.

CUTON.

C'est une vérité dont je ne doute pas:

Grâces au ciel, monsieur, vous avez l'àme bonne;

et, qui plus est, le don de ne haïr personne.

ORONTB.

Moi?

CLITON

Vous. Je vous con nais mieux que vous ne croyez. Votre humeur est d'aimer tout ce que vous voyez; Et c'est pour Dorotée un bien fort inutile. Qu'un cœur à partager avec plus de deux mille.

C'est en dire un peu trop.

CLITON

Je dis ce que je vois.

ORONTB.

Pour le moins aujourd'hui n'en aimé-je que trois : Et même, de ces trois dont mon âme est charmée, Comme la plus aimable, elle est la plus aimée.

CLITON

Le parti donc pour elle est encore assez doux, Si n'en aimant que trois...

ORONTB.

Ëraste vient à nous, Tais-loi.

CLrroN.

Sans doute il a quelque chose à vous dire.

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