SCÈNE I FLORAME, LUCIE, LICAS
FLORAME
Quoi, voir tant de respect d'un œil toujours sévère?
LUCIE
Florame, je ne fais que ce que je dois faire.
FLORAME
Qnand poarrai-je obtenir un traitement plus doux ?
LUCIE
Ed cessant de m'offrir ce qui n'est plus à vous.
FLORAME
Ce cœur brûlé d'amour touche si peu le vôtre?
LUCIE
Je ne in*enrichis point des dépouilles d'une autre.
FLORAME
Quel reproche honteux faites-vous à ma foi?
LUCIE
Celui qu'un incoostant doit attendre de moi.
FLORAME
Doncdcma flamme ailleursj'ose porter l'hommage?
H ne m'est pas permis d'en dire davantage : Quoique je sois d'un sexe estimé peu discret, fToramc, j'ai promis de garder le secret.
FLORAME
Oflelqn'un auprès de vous me rend mauvaisoffice ; Mais en vain pour me perdre on use d'artifice. Je TOUS aime, Lucie, et le ciel m'est témoin...
LUCIE
VoQs YOQS justifierez quand il sera besoin : Laissez-moi seule, ici ma gloire se hasarde, I^'an et d'autro c6té je vois qu'on nous regarde, Ëdans ces lieux enfin, un plus long entretien M'est de grand préjudice, et ne vous sert de rien.
FLORAME
Que celte retenue est contraire à ma joiel J'obéis, mais encor que faut-il que je croie?
LUCIE
Que malgré la rigueur qu'à tort vous m'imputez» Je vous estime autant que vous le méritez.
FLORAME
Qu'au moins un peu d'amour suive une telle estime.
LUCIE
Prétendre au bien d'autrui serait commettre un Je vous rai déjà dit. [crime,
FLORAME
Ce discours éclairci...
LUCIE
Il vous paraît obscur, je le veux croire ainsi : Mais si votre âme enfin s'en trouve inquiétée, Vous pouvez à loisir consulter Dorotée, Elle en sait le mystère. Adieu.