SCÈNE III FLORAME, ORONTE, CLITON
CUTON.
Qui vive?
FLORAME
Ami d'Oronte, Cest Florame.
ORONTE, bas.
Tant pis, ce n'est pas là mon compte.
Quoi, vous ici? Tantôt nous avions concerté Qoe...
FLORAME
J'y viens seulement par curiosité.
Par certain mouvement d'une secrète envie, ^ûs dessein toutefois de parler à Lucie ; laiâie la viens 4'ouïr qui vous disait adieu?
ORONTE
Oui.
FLORAME
Quel sujet si tard vous amène en ce lieu?
OUONTB.
L'ardeur de voir Éraste avecque diligence. Et de vous soulager dans votre impatience, Sûrqaequelques soupçons qu'il ait de votre amour, I*our l'en guérir sur l'heure il ne faut qu'un détour. Ma peine cependant s'est trouvée inutile, El j'apprends de sa sœur qu'il est encore en ville.
FLORAMB.
Sans lai nier que j'aime, il est d'autres moyens...
ORONTE
Quels?
FLORAME
J'y réve.
ORONTE
Cliton, vois-tu bien que j'en tiens?
Lucie aime Florame, et pour le satisfaire, Le voyant, elle a feint que je cherchais son frère. Qu'il fait bon se fier à ce sexe changeant!
CUTON.
La meilleure en effet ne vaut pas grand argent.
FLORAME
Pour voir sur quelque objet sa croyance arrêtée. J'aime mieux hasarder le nom de Dorotée; Peignez-lui son amour si fort sur mon esprit...
ORONTE
Qn'espérez-vous par là?
FLORAME
Tout, s'il l'approfondit, D pourra découvrir qu'elle m'est destinée.
ORONTE
bl-ce elle dont pour vous on traite l'hyménée?
FLORAME
Elle-même, jugez s'il me doit importer...
ORONTE
Ami, de chez Lucie on peut nous écouter. Éloignons-nous ailleurs; vous savez ma pensée.
CLITON, à Oroiilc,
Du second rendez-vous l'heure sera passée; Songez à vous, monsieur.
ORONTE
N'en sois point en souci; Je saurai m'en défaire à trente pas d'ici.