L'AMOUR A LA MODE, ACTE IV, SCÈNE I
Pour être malheureux, je ne suis point coupable. Des beautés de Lucie éperdument épris.
Cette nuit avec elle Éraste m*a surpris, Et ne pouvant mieux faire alors ni l'un ni Tautre, Des murs de son jardin j'ai sauté dans le vôtre.
CLITON
Jamais en moins de temps je ne fis tel chemin.
ARGANTB.
Il est vrai qu'on a fait du bruit dans le jardin. Et qu'ayant mis soudain la tête à la fenêtre, J'ai vu marcherquelqu'un que je n'ai pu connaître ; Mais quoique cette excuse ait assez de couleur, Il ne me suffit pas dans un si grand malheur; J'en veux, pour l'intérêt de toute ma famille, Lire la vérité sur le front de ma fille, Son trouble ou son repos me le feront savoir. Je reviens.
(Argante sort,) CLITON.
Ah 1 monsieur, donnons-lui le bonsoir.
ORONTK.
As-tu peur?
CLITON
Moi? Non pas, mais j'ai peu décourage.
Partout flamberge au vent vous trouvez bien pas- Vous vous échapperez, et le pauvre Cliton [sage. On l'enverra dormir à grands coups de bâton.
Écoule, on parle ici.
ARGANTB, parlant àÉratte qu'il a trouvé dans ta maison^ et fermant la porte pour V empêcher de voir Oronte, Demeurez là, de grâce.
CLITON
Il ferme cette porte; ah, tout mon sang se glace!
ARGANTE, à Oroiite.
Vous m'aviez bien dit vrai, sortez vile et sans bruit. Votre ennemi... J'en tremble.
ORONTE
Hé bien?
ARGANTE
ORONTE
n VOUS poursuit.
Qui?
ARGANTB.
Le demandez-vous? Éraste.
ORONTE
Quoi?
ARGANTE
Lui-même, Je Tai vu là dedans.
ORONTE, à Cliton,
Voici le stratagème.
Par quels rares moyens je m'en suis éclairci 1
ARGANTE
Vous nous perdrez tous deux si vous tardez ici ; Hâtez-vous de sortir.
ORONTE, à Cliton.
Vois quelle est ma fortune.
CLITON. [mune.
Consolez-vous, monsieur, la chance en est com-
AR6ANTE, Seul.
Enfin d'un grand malheur j'ai su me garantir; Appelons ici l'autre, et le faisons sortir.