SCÈNE III
DOROTÉE, LUCIE, LISETTE.
LUCIE, avec sa coiffe abattue.
Madame, sauvez-moi des poursuites d'un frère; U tâche à me connaître, et son esprit jaloux De quelque promenade est peut-être en courroux. En vain par cent détours allant de rue en rue, ' J'ai cru que dans la presse il me perdrait de vue, Il m'a toujours suivie et marchant sur mes pas. Ma contrainte à la fin, pour ne me perdre pas. D'entrer ainsi chez vous, où j'implore votre aide Pour trouver à ma crainte un assuré remède. Connaissez qui le cherche.
(Eile lève sa coiffe.) DOROTÉE.
Ah î Lucie, est-ce vous?
LUCIE
C'est moi que le chagrin d'un frère trop jaloux... Mais il frappe déjà : pour me servir d'asile, Feignez de revenir maintenant de la ville. Je vous laisse ma coiffe.
{Elle met sa coiffe sur la tète de Dorotée.)
Il faut donc vous cacher.
LUCIE
J'entre ici.
LISETTE à Dorotée, Savez-vous...
DOROTÉE.
Veut-on se dépêcher?
Qu'on ouvre.
LISETTE, allant ouvrir.
Elle a beau faire, elle payera la dette.
DOROTÉE.
Que croira-t-ii de moi?