SCÈNE IX
ORONTE, DOROTÉE, LUCIE, aiTON.
LuaB.
La voici ; Rassurez votre esprit, c'est à tort qu'il s'étonne.
CUTON.
Vold bien des marchands, la foire sera bonne.
ORONTE
Qoels embarras jamais furent moins espérés!
CLITON
Voos avez l'esprit bon, vous vous en tirerez.
Si bien! perfide amant?
DOROTÉE.
Eh bien I amant volage?
LUCIE
Entre nous, tour à tour^ votre cœur se partage?
DOROTÉE.
Trompeur.
LuaE.
Parjure.
DOROTÉE.
Fourbe.
LUCIE
Ame double et sans foi.
DOROTÉE.
Uche!
Traître !
LUCIE
ORONTE
LUCIE
Après tant de serments, tant de promesses fausses. .. CLITON. [ses.
De crainte d'accidents, monsieur, tirons nos chaus- Si la moindre des deux nous sautait au collet. Adieu, ce serait fait du raattre et du valet.
DOROTÉE.
Enfin, la vérité, malgré toutes vos feintes...
ORONTE
De grâce, dites-moi le sujet de vos plaintes.
LUCIE
Quoi ! nos plaintes, ingrat, peuvent vous étonner?
CLITON
Parlez, car je n'ai pas le don de deviner.
LUCIE
Nier des trahisons qui sont en évidence, A l'infidélité c'est joindre l'impudence.
ORONTE
Ne me condamnez point sans me dire pourquoi.
DOROTÉE*
Vous ne m'avez pas dit que vous brûliez pour moi, Que votre passion allait jusqu'à l'extrême?
ORONTE
Je vous le dis encor de nouveau, je vous aime.
LUCIE. ' [fois
Quoi I vous l'aimez, parjure, après m'avoir cent Juré que votre cœur se rangeait sous mes lois? Qu'un fort amour pour moi...
Je vous le dis encore.
LUCIE
Vous m'aimez ?
ORONTE
Je vous aime.
DOROTÉE.
Et moi?
ORONTE
Je vous adore.
LUCIE
Voyez l'effronterie, à nos yeux, nous jouer !
ORONTE, à Lucie,
Mais vous cherchez en vain à ne pas l'avouer. Vous me connaissez trop pour douter de ma flam- DOROTÉG. [me.
Pourquoi donc m*en conter, si Lucie a votre âme?
ORONTE
'Par amour.
DOROTÉE.
Quel amour?
ORONTE
Véritable.
Et comment?
ORONTE
J'aime par connaissance, et non aveuglément;
Est-ce assez déclamé contre moi? i Ma raison se rendant de surprise incapable,