LE DUC, FÉDÉRIC, FABRICE
LE DUC, à Fabrice, Si tu peux à mon mal trouver quelque remède... Mais verrai-je en tous lieux que Fédéric m'ohsède? Et faut-il pour surcroît de haine et de chagrin, Qu'aujourd'hui mon malheur l'amène en ce jardin?
FÉDÉRIC
Seigneur, si près de voir arriver la duchesse. Vous conservez encor cette morne tristesse, Un espoir si charmant vous en doit retirer.
LE DUC
Quelque bien qu'il m'assure, il faut le différer. Comme dans mon chagrin j e ne puis mecontraindre, De mon accueil peut-être elle pourrait se plaindre; Et je trouve à propos, pour la mieux recevoir, De me priver encor du plaisir de la voir.
Quoi ; comme aux autres lieux Tarrêter à Pavie! Seigneur...
LE DUC
Mais, Fédéric, il y va de ma vie :
Qu'on ait soin seulement de l'y bien divertir, Tant qu'un ordre nouveau Toblige d'en partir.
FÉDÉRIC
Ce long retardement ouvrant sa défiance. Lui fera voir en vous trop peu d'impatience; Et je crains que par là son esprit irrité...
LE DUC
lilnfin, n'en parlons plus, le sort en est jeté.
FÉDÉRIC
Au point que cet hymen à votre État importe...
LE DUC
La raison est pour vous, mais elle est la moins forte,
Et quand la passion tâche de l'étouffer,
Ce n'est qu'en lui cédant qu'on en peut triompher.
FÉDÉRIC
Puisqu'aujourd'hui sur vous la vôtre a tant d'em- De peur de l'irriter, seigneur, je me retire, [pire,