LE CHARME DE LA VOIX, ACTE IV, SCÈNE VIIL
CAMILR.
Voas n'êtes pas trop duc s'il ne change de style.
LB DUC
Cette froideur, Carlos, ou plutôt ce mépris, De son zèle pour vous doit-il être le prix?
LA DUCHESSE
n suffit que je sache expliquer son silence.
CARLOS
Ud bonheur qui surprend porte à la déflance ; Dfoo en voit si peu qui ressemblent au mien, Qnilme force à douter si je le conçois bien.
LE DUC. [alarme.
?ioD, puisqu'elle est pour vous, que rien ne vous Je résistais, Carlos, à vous voir duc de Parme; lais les soins qu'elle prend d'appuyer votre feu. Enfin pour votre hymen obtiennent mon aveu ; fooblie en sa faveur tout ce que j'ai pu croire.
CARLOS
0 favorable aveu qui me comble de gloire! Madame, en vous servant, tout mon sang répandu Pourrait-il m'acquitter de ce qui vous est dû? Ce \mi rang de duchesse à qui ce cœur apporte...
LA DUCHESSE
D n'esl pas temps, Carlos, de parler de la sorte.
LE DUC, à la duchesse, fiaoi, de votre rigueur, l'excès est-il si grand, ^ue TOUS désavouiez l'hommage qu*on vous rend ? Et lorsque sûr d'un feu qui s'augmente sans cesse, U veut vous applaudir sur le nom de duchesse...
LA DUCHESSE
Et qui m'assurera que ce n'est pas en vain, S^ll faut que Fédéric s'oppose à ce dessein? Sor nos premiers traités à voir comme il s'explique, Ce changement d'hymen blesse sa politique.
LE DUC
Mais si de sa rigueur je puis venir à bout?
LA DUCHESSE
logez de moi par vous, quand je vous devrai tout.
CARLOS
Seigneur, à cet aveu qui pour moi vous engage, Joindre de vos bontés ce nouveau témoignage!
LE DUC
Madame, je vous quitte, et vais sur cet accord, Poar gagner Fédéric, faire un dernier effort ; Heureux, si le succèç vous donne lieu de croire (M vous plaire aujourd'hui fait ma plus haute
LA DUCHESSE. [gloirO.
Ade teb seotinnents je sais ce que je doi.
LE DUC
Je vous laisse Carlos qui répondra pour moi.
CARLOS
En quoi puis-je, seigneur, vous témoigner mon zè-
LE DUC. [le?
À Ini bien exprimer l'amour que j'ai pour elle ; Et chasser de son cœur certaine impression Qqî seule a pu d'abord nuire à ma passion. ^Tadore, Carlos, et ma flamme est si pure, Vne tout ce que de grand mon esprit se figure.
N'a point d'appas pour moi ni si fort, ni si doux, Qui ne cède à l'espoir de me voir son époux.