SCÈNE IX LE DUC, LA DUCHESSE, CARLOS, FABRICE
LB DUC
Madame, enfin cessez de craindre désormais Que mes vœux importuns contraignent vos sou-
[haits; Ils cèdent, et mon cœur, par un respect insigne, Abandonne un espoir dont il n'était pas digne.
CARLOS
Seigneur, souff'rez qu'ici j'ose vous éclaircir.
LE DUC
Vous n'y pourriez, Carlos, que fort mal réussir: Non que voyant vos feux appuyés l'un par l'autre, Quand j'éteins mon amour, je ne plaigne le vdlre; Mais quelques droi ts sur moi qu'on l'ait vue usurper, Je n'ai pu rien promettre à qui m'osait tromper; Et comme à la duchesse un vieil accord m'engage, Puisqu'elle estàMilan, je lui rends mon hommage.
LA DUCHESSE
Vous pensez me braver, duc, mais par cet aveu Votre aveugle mépris ne m'oblige pas peu, Puisqu'à changer d'objet, votre âme un peu t»p
[prompte, Sur vous d'un fier refus fait retomber la honte : Si je reviens ici c'est pour vous assurer Qu'en vain à son hymen vous osez aspirer. Et que ce qui l'amèûe est une ardeur sincère D'assurer à Carlos le bonheur qu'il espère.
LB DUC
Je l'empêcherai bien, ce téméraire amour.
FABRICE, Olf due.
Faites-vous promptement chanter un air de cour, Contre tous accidents c'est un puissant remède.