SCÈNE X D. SANCHE, D. ALVAR, JACINTE, BLANCHE
D. SANCHE
Dis-lui, dis-lui, ma fille, Cet affront si honteux à toute ma famille; Et si dans mes ennuis tu veux me soulager. Nomme-lui l'ennemi dont je doisme venger, [me. Quand Toutrage est mortel, qu*il vajusqu'àl'extrô- C*esl 8*en faire un nouveau que l'expliquer soi-mê- Par ces tristes soupirs Tun par Tautrelpressés, [me : Épargne cette honte à qui rougit assez. Tu te tais; oui, ma fille, à conter mon injure Ton sang pourrait du mien contracter la souillure, Il est encor sans tache ; et ton père affronté N'en corrompt pas sitôt toute la pureté. Défends-toi, j'y consens, d'un récit qui t'outrage. Si ton refus me gêne, il montre ton courage. Tu ne peux t'abaisser à parler d'un affront Dont par moi l'infamie éclate sur ton front; Mais, s'il faut que moi-même enfin je le déclare. Mon fils, souffre un moment que mon cœur s'y pré- BLANCHB. [pare.
Son fils, madame?
JACINTE
Oui, Blanche.
BLANCHE
0 dieux I Que ferons-nous?
Il escortait don Lope, il sait le rendez-vous.
Que dis-tu? C'était lui qui lui servait d'escorte?
BLANCHE
Lui-même.
D. ALVAR
Enfin,jecèdeau soupçon qui m'emporte; Parlez, ou je croirai. ..
D. SANCHE
Crois tout ce que tu peux.
L'affront dont je rougis est encor plus honteux. Connais-tu les Guzmans ?
D. ALYAR.
Oui, ce nom est illustre.
D. SANCHE
L'un d'eux par mon offense en a terni le lustre ; Don Lope... Enfin, c'est fait, j'ai nommé l'offenseur.
D. ALVAJI*
Quoi? don Lope...
D. SANCHE
Ah I mon fils, daigne épargner ta sœur; Vois comme trop sensible à l'outrage d'un père, Le nom d'un ennemi l'enfiamme de colère :
Vois de quels mouvements son cœur est combattu, Et, plaignant ma disgrâce, admire sa vertu.