SCÈNE IX FÉDÉRIC, JODELET, OCTAVE, gardes
FÉDÉRIC
Seigneur, que vous en semble?
Elle a dans sa personne Des traits bien moins lions que cette autre lionne. J'y trouverais mon compte.
PÉDÉRIG.
Enfin elle vous platt; Avouez-le, seigneur.
JODELET
Elle a plu, qui plus est. [mes.
Mais dites, gouverneur, dans le siècle où noussom- Les princes aiment-ils comme les autres hommes ? Je voudrais bien l'aimer dans la congruité Que requiert en tel cas ma haute qualité.
FÉDéRIG.
Vos feux l'honoreront.
JODELET
Me serait-il loisible D'en faire le début par le concupiscible?
FéoÉRic.
Il faut y procéder suivant votre grandeur, La demander au roi par un ambassadeur, Lui proposer la paix.
JODELBT.
Nous sommes donc en guerre?
FÉDÊRIG.
Oui, seigneur, votrebraspluscraintquele tonnerre, Signalant votre nom en de fameux combats, A versé plus de sang...
JODELBT.
Ah ! Je n'en doute pis.
Je me suis plu toujours au carnage, aux alarmes, Témoin, vous le voyez, on m'a pris sous les armes. Puisqu'on m'arrête ainsi, le roi craint ma valeur.
FÉDéRIG.
Aussi lui caose-t-elle un assez grand malheur, Son favori tué...
JODBLBT.
Qui l'a tué?
FéDÉRIC.
Vous-même.
JODBLBT.
Ai-je d'un assassin l'envisagement blême? Vous perdez le respect.
FÉDéRIC.
Apaisez ce courroux, II méritait la mort combattant contre vous, [loire C'est dans le champ d'honneur, c'est par une vic- Que son sang répandu redouble votre gloire; Ne craignez point d'en voir l'éclat diminué.
JODELBT.
Ah! Puisqu'il est bien mort, c'est moi qui l'ai tué. J'y fais réflexion, oui, c'est moi, d'ordinaire Un prince dans la tête a bien plus d'une affaire; Et ne peut pas tenir si bon mémorial De ces menus hauts faits qui ne font bien ni mal.
FBDéRTC.
Ce dernier à l'État semble êtreassez contraire; [rc, Mais puisque la princesse a l'honneur de vousplai- Seigneur, par son hymen vous pouvez désormais Y voir céder la guerre aux douceurs de la paix.
JODELBT.
Point de guerre, la paix, pourvu que mon altesse Ne s'abaisse pas trop épousant la princesse, Car je suis Fédéric.
F^néRic.
Elle est digne de vous, Vous ne sauriez mieux faire.
JODBLBT.
Hé bien, je m'y résous.
Faites savoir au roi ma pensée amoureuse; Je lui promets lignée, et de la plus nombreuse.
FéDBRIC.
Vous m'honorez, seigneur, par cet illustre emploi.
JODBLBT.
Allons donc boire ensemble à la santé du roi.