SCÈNE Vif LÉONEL, ISABELLE, ELVIRE, BÉATRIX, CÉLIE
LÉONEL.
Depuis quand laisse-t-on cette porte entr*ouverte?
ISABELLE
Elvire étant en ville, et m'ayant fait savoir Que d'un logis voisin elle me venait voir. Ce logis répondant au quartier de derrière, Je Tavais fait tenir ouverte à sa prière.
LÉONEL, à Elvire, De grâce, pardonnez mpn incivilité, L'approche de la nuit par son obscurité, M'empêchait de vous voir; et ce mauvais office...
ELVIRE
Je vous ferais excuse avec plus de justice. En effet, l'entrelien d'Isabelle est si doux, Que presqu'à tout moment vous me trouvez chez
ISABELLE. [vous.
C'est jusqu'au dern ier poin t vous montrer obligean- LÉoNEL. [te.
De la lumière, holà I La saison dégoûtante, Où presque sans larder le jour parait et fuit!
ELVIRE
Nous sommes si voisins que je crains peu la nuit.
LÉONEL.
Vous ne sortirez point que je ne vous remène; Je vous offre la main.
ELVIRE
Vous donner cette peine I
LÉONEL.
Elle me sera douce...
ELVIRE
Il en est peu besoin Pour un détour de rue.
LÉONEL.
Enfin, soit près, soit loin, Je vous mettrai chez vous.
ELVIRE
Mais quoi?
ISABELLE, bas à Elvire,
Laissez-le faire; Pour tirer don Fadrique, ai-je besoin d'un père?
LÉONEL,
Je sais que d'ordinaire on n'a que du mépris Pour qui fait le galant avec des cheveux gris; Mais la civilité ne prend point loi de l'âge.
ELVIRE
Je n'ose après cela contester davantage; J'accepte toutefois cet honneur à regret.
{Bas à Isabelle.) Vous me voudrez du mal, et ce trouble secret...
ISABELLE
Allez, votre départ m'en offre le remède.
LÉONEL, â Béatrix.
Marche avec la lumière.