‹ Théatre completChapitre 435 sur 1461 · LA B£INE, NICANDRE, CLÉOMÈNE, ARCAS, DORIDE · texte numérisé non relu

LA B£INE, NICANDRE, CLÉOMÈNE, ARCAS, DORIDE

LA REINB.

/eu connais le sujet en voyant Cléomène, vit, il vit encore, et le peuple à le voir Ht ces marques de joie explique son espoir, te son retour sans doute il prend droit de renaître.

CLéOHÉNE.

J! est vrai qu'à me voir sa joie a su paraître, lais, madame, elle est due au surprenant revers Qui sauvant cet État met Timocrate aux fers.

ÏJi BBINE.

toe dites- vous? 0 dieux I

CLBOMENB.

Que de notre défaite al six veoger par là le malheur sur la Crète, El que, pour vous laisser maltresse de son sort, aux mains d'Iphite, on le conduit au fort.

NICÂNDRB.

!«o\, vous l'auriez vaincu?

CLBOMENB.

Quand je n'osais le croire, dieux ont à mon bras accordé cette gloire,

le voyant qu'en vain j'y ferais mes efforts, bataille perdue et les deux princes morts, iTécbappant vers le port, par un heureux rencontre i un léger vaisseau le hasard me le montre, joins, je l'attaque avec tant de vigueur, surpris du péril qui menace un vainqueur, 'Aîaof que dans sa flotte on puisse en rien appren- J^ quelque combat je l'oblige à se rendre, [dre

NIOANDRB.

ba trop de vertu t'a-t-il précipité, ^PHûcel ta prison vient de ma liberté.

LA REINB.

Enfin, ma haine, enfin nous bravons la tempête, Les dieux m'ont exaucée, et la victime est prête. 0 vous, par qui le sort l'a soumise à mes lois, Quel prix m'acquittera de ce que je vous dois?

CLBOHÈNB.

L'aveu d'un bel espoir qui, sur votre promesse, Dans l'orgueil de ses vœux s'élève à la princesse.

NICANDRE

L'ambition déjà vous fait-elle ignorer

Qu'à moins d'être né prince on n'y peut aspirer?

CLéOMàNB.

Celte ambition même est un illustre signe. Que ce que je suis né ne m'en rend pas indigne. Et qu'il n'est pas de prince à qui l'éclat du sang Ait dans toute la Grèce acquis un plus haut rang.

NICANDRE

C'est sans doute en donner une preuve certaine, Que venir sans armée au secours de la reine?

GLÉOMÉNB.

Rendre ses ennemis sous le nombre abattus. N'est que l'effet commun des communes vertus; Et sur cet avantage obtenir la victoire, Sic'estvaincreen effet, c'est triompher sans gloire. Quoi que montre un parti de faiblesse ou d'effroi, Ce bras pour l'en chasser n'a besoin que de moi; Et du moins, mes exploits n'égalant pas les vôtres. Je tiens tout de moi seul , et ne dois rien aux autres.

LA REINE

Ils sont tels, Cléomène, ils sont tels que les dieux Ne désavoueraient pas un sang si glorieux.

NICANDRE

Mais, madame, est-ce lui que nous en devons croire?

CLBOMÈNB.

Oui, puisque je l'assure après une victoire. Qui danslechampd'houneurtel qu'un prince aparu Lorsqu'il dit qu'il est prince, est digne d'être cru. Non qu'il ne fût facile, en me faisant connaître, D'étouffer un soupçon que l'envie a fait naître ; Mais vouloir l'éclaircir quand mon bras le confond. D'un doute injurieux c'est mériter l'affront. Puisqu'enfin, si j'avais une naissance ingrate. Avant qu'entre vos mains remettre Timocrate, Sur la foi des serments j'aurais pu m'assurer Le bonheur qu'un rival me défend d'espérer. Ici leur sainteté les rend inviolables.

Mais un cœur généreux hait des ruses semblables. D'un glorieux espoir dans mon âme adoré, J'ai cru votre parole un garant assuré ; Et lorsqu'à son effet comme prince j'aspire. Pour confirmer ce rang ma foi vous doit suffire.

LA REINE

Il est juste; et l'État ne saurait faire un choix Qui dans leur majesté soutien ne mieux ses lois, [ce. Votre hymen faitleur gloire; et, pour plusd'assuran- Sur ces mêmes serments qui pressentma vengeance. J'atteste tous les dieux, qu'au temple, aux yeux de

[tous, La princesse demain vous prendra pour époux.

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