SCÈNE VII LE ROI, PHmOCLÉE, CLYTIE, HÉSIONE
CLYTIE
Ah! seigneur...
LE ROI
Quelle douleur te presse Parle.
CLYTIE
On a du palais enlevé la princesse.
LE ROI
Bérénice enlevée ! Ah, juste ciel I
CLYTIB.
Seigneur, On se défiait peu du lâche ravisseur.
PHILOCLÉE.
Etc'est?
Anaxaris.
CLYTIE
LE ROI
Anaxaris !
CLYTIE
Lui-même.
PHILOCLÉE.
Vous voyez si le traître aspire au diadème.
CLYTIK.
Oui, seigneur, n'imputez cette indigne action Qu'aux transports inquiets de son ambitloo ; Mais ce qui me confond dans sa lâche entreprise, C'est de voir qu'en effet le peuple Tautorise. Seule, et sans rien prévoir d*un si cruel destin, J'avais accompagné la princesse au jardin. Quand suivi seulement d'une assez faible escorte, Il la force à sortir par une fausse porte, Où, sitôt qu'il parait, j'entends pousserdescris De, « Vive Bérénice, et vive Anaxaris. »
LE ROI. [piicel
Quoi, d'un crime si noir tout le peuple estcom- De son tumulte enfin je comprends l'artifice. Il était concerté pour tirer du palais Ce qu'il eût pu trouver d'obstacle à ses projets : Une seconde fois allons voir si sans peine...
CLYTIE
Seigneur, espérez tout du vaillant Philoxène. Revenant par honheur avec quelques soldats, A ces cris vers le traître il a tourné ses pas ; Et, sans rien voir de plus, dans l'ardeur de mon m J'ai cru vous en devoir la première nouvelle
BÉRÉNICE, ACTE V, SCÈNE X
LB ROI
JJ ne peut sous le nombre éviter de périr, Contre un peuple mutin courons le secourir.
PHILOGLÊB.
Vous exposer vous-même à son lâche caprice? SCÈNE VIII
LE ROI, PHILOCLÉE, ARAXE, CLYTIE, HÉSIONB.
LE ROI
1 Bé Men, Araxe, un traître enlève Bérénice?
i ARAXB.
I Oie est libre, seigneur, et Philoxène enfin j Ihuie insolente audace affranchit son destin. . L'on et l'autre à vos yeux s'en va soudain paraître.
LE ROI
- U justice du ciel par là se fait connaître; EX je me trahirais si, pour la mériter, Contre un sujet ingrat je n*osais l'imiter. De son audace enfin cessons d*ètre complices, Pour mieux punir sa faute oublions ses services ; Et, puisque son orgueil s'eofle de nos bienfaits, MeUosd-le hors d'état d*en abuser jamais.
ARAXB.
Seigneur, les dieuxsurrheureontordonnésa peine. Fortdel'appui du peuple, il bravait Philoxène, EL le voyant suivi de fort peu de soldats, fl croyait sa défaite indigne de son bras : lais Philoxène ému des pleurs de la princesse. Sait inspirer aux siens tant de cœur et d*adresse, Que contre Anaxarîs tous se portant d'abord, SiDS connaître la main on le voit tomber mort. , Le succès aussitôt répond à notre attente, Par la perte du chef chacun prend l'épouvante, Son parti se dissipe ; et la princesse ainsi [voici. Bi»idant grâce au vainqueur... Mais, seigneur, les