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SCÈNE V COMMODE, LJETUS

COMMODE

Jusqu'ici ta vertu généreuse et fidèle.

M'a fait voir dans tes soins un véritable zèle, Respectueux, soumis, et qui me fait juger Que des miens sur toi seul je dois me décharger. En effet, mes faveurs sur d'autres répandues. Semblent partout ailleurs avoir été perdues, Ëlectus n'en sait plus ménager la douceur. Et de mon confident il se fait mon censeur. Presque en tous mes projets ma gloire s'intéresse, L'un est honteux pour moi, l'autre plein de faiblesse; Et jusqu'au rang illustre où je veux t'élever, 11 trouve des raisons pour ne pas l'approuver.

L^TUS

Seigneur, c'est qu'il connaît que cette récompense Des plus ambitieux passerait l'espérance. Ou que, de la princesse appuyant l'intérêt, 11 croit devoir combattre un choix qui lui déplaît. Je m'en avoue indigne ; et puisqu'elle s'irrite De vous voir trop donner au peu que je mérite. Souffrez que je renonce à l'honneur éclatant...

COMMODE. [tant,

Non, ce choix pour ma gloire est sans doute impor- Ma sœur me connaît trop pour choquer mon envie, A ne m'obéir pas il irait de sa vie; Et je veux, quoi qu'on dise, ou qu'elle puisse oser, Que Rome avant deux jours te la voie épouser. Par là je t'ôterai ces indignes alarmes. Qui bornant ton espoir en corrompent les charmes; Et pour mieux relever l'éclat d'un si beau jour, Moi-même on m'y verra couronner mon amour.

Oui, jeveux que l'hymen à cet amour propice A Rome en même temps donne une impératrice. Déjà sur mes désirs prenant d'injustes droits, Je vois que Marcia s'assure de mon choix ; Mais sans doute Électus pour plaire à son eDTie^ A m'a voir trop pressé, ne Ta pas bien servie, Et n'a fait qu'exposer à mon aversion L'impatient orgueil de son ambition.

Vaine d'un bel espoir eUde ma complaisance, Elle ose comme lui étaler sa prudence; Et je fais sur ma gloire un indigne attentat. Si je ne vais au temple avec tout le sénat Je cède, mais enfin je veux, quoi qu'elle fasse, D'un conseil importun punir l'injuste audace, Et que l'affront d'un trône à ses vœux échappé Me venge d'un pouvoir sur le mien usurpé.

LiETUS.

Quoi qu'on ait fait, seigneur, il est indubitable Qu'ayant su vous déplaire ouest toujours coupaU Mais Pertinax peut-être aurait dû mériter...

COMMODE

Non, Pertinax ici n'a rien à redouter.

En faveur de son sang j'ai toujours même end

Et lui fais part du trêne en couronnant Helvie.

LATU8.

Helvie?

COMMODE

Oui, d'un beau feu mon cœur pour elle atteid Déjà depuis longtemps soupire et se contraiot. L'amour de Marcia trop puissant sur mon âme, Sans cesse m'opposait quelques restesde flamme Mais enfîn aujourd'hui je le sens étouffé. Et malgré cet obstacle Helvie a triomphé. Crois-tu qu'il soit une âme et plus haute et plosbd Plus digne de ce trêne où mon âme l'appelle; [It Et qui pour soutenir une aimable fierté, Mêle plus de douceur à plus de majesté?

LJCTUS.

Peu l'égalent sans doute.

COMMODE

Ajoute, si je l'aime, Qu'un mérite parfait veut un amour extrême. Enfin, pour lui conter cet amour glorieux, Lœtus, c'est sur toi seul que j'ai jeté les yeux. Va charmer ses désirs avec cette nouvelle; Plus le bonheur est grand, pluslasurpriseeslbelle, Contre toute apparence on aime à s'élever. Mais, loin de m'applaudir, qui t'oblige à ré?er?

LiETUS.

Un scrupule, seigneur, qui fait que j'appréheode Que difficilement son esprit ne se rende. Puisque, de quelque espoir que j'ose la flatter, L'exemple de sa sœur la peut inquiéter.

GOMMODB.

Si par là de ma flamme elle craint l'inconstance, Tu peux d'un prompt hymen lui laisser l'assurance, Et lui jurer pour moi qu'à son choix, dès demaifli Elle me verra prêt à lui donner la main. Juge alors si sa joie aura lieu de paraître.

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