‹ Théatre completChapitre 509 sur 1461 · LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE III, SCÈNE I

Que de juger par là de mon obéissance. Je vous la conseillais, mais vous savez, hélas, Que l'on peut conseiller ce qu*0D ne voudrait pas. L'amour, que trop souvent aveugle trop de zèle, Contre ce qu'il ordonne aime qu*on se rebelle. Et n'agit contre soi par quelque ordre confus, Qu'aÛn de s'assurer la douceur d'un refus. Non qu'en vous conseillant un hymen nécessaire» Vous ne deviez penser que j'aie été sincère; Au moins, si ma faiblesse eût triomphé de moi, Ce cœur vous demeurant n'aurait trahi que soi; Et l'affreuse rigueur d'un éternel silence Aurait sans doute assez expié cette offense. Mais dans les sentiments peut-être un peu trop doux Que l'amour malgré moi me fait prendre pour vous. Quand l'hymen d'un tyran serait cru légitime. J'y voudrais résister pour m'épargner un crime, Et ne pas m'exposer au coupable embarras De lui devoir mon cœur, et ne le donner pas.

L^TUS

Puis-je dans cet aveu goûter assez ma joie, Lorsque je dois réponse au tyran qui m'envoie ? Que lui dirai-je enfin?

HBLVIE*

Que je ne puis souffrir Qu'il ôte à Marcia ce qu'il me fait offrir.

LATUS

Pour suivre la raison en connatt-il l'empire?

H^LVIB.

En dois-je écouter moins ce que l'honneur m'inspi- L^TUS. [re?

Son seul emportement règle sa volonté.

HELVIB.

Ma vertu contre lui sera ma sûreté.

LMtVS.

D'un amour irrité la fureur est à craindre.

HBLVIE.

Hé bien, s'il est besoin, j'ai du sangpour l'éteindre. Et faire voira tous qu'aux malheurs les plus grands. Qui peut oser mourir, peut braver les tyrans.

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