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SCÈNE IV

COMMODE, MARCU, HELVIE, L^TUS, FLAVIAN, LUCIE.

MARCU.

Je ne viens point ici presser votre clémence

De combattre l'ardeur d'une juste vengeance,

Et de se signaler par le pompeux éclat

Qui suivrait le pardon d'un indigne attentat.

Je viens, seigneur, je viens pour nouvelle victime

Offirir à l'ei^pier tout le sang qui m'anime,

El réparer par là, puisqu'il est résolu,

Le coupable malheur de vous avoir déplu.

11 est juste, et la cause en vain m'en est suspecte,

Cest ua ordre du ciel qu'il faut que je respecte,

Lui qui des souverains prend toujours l'inlérèt.

Me souffrant votre haine, en a donné l'arrêt.

Sans voir, sans pénétrer qui me l'a suscitée,

L'avoir pu ressentir, c'est l'avoir méritée ; Et je tiendrai mon sort et glorieux et doux. Si comme j'ai vécu je puis mourir pour vous.

COMMODE

Qu'avec tant de fureur, qu'avec tant d'insolence, L'orgueil à me braver hautement se dispense, Qu'après mille bienfaits un traître... Ah, justes

[dieux !

Leur crime sans horreur ne peut frapper mes yeux. L'enfer n'a point de peine assez forte, assez rude... Mais d'un transport aveugle où va la promptitude? Quoi que ce couple ingrat ait fait, ait projeté, Je suis le seul coupable, et j'ai tout mérité.

{À Marcia,)

Oui, madame, c'est moi dont l'ardeur infidèle. Pour venger votre injure a corrompu leur zèle; Et je me plains à tort qu'animés contre moi Ils suivent mon exemple à me manquer de foi.

MARCIA

La foi des souverains est d'une autre nature, Ils la donnent par grâce, et l'ôtent sans injure ; Et, malgré mon espoir, vous avez pu, seigneur...

COMMODE

Non, j'ai trop cru, madame, un amour suborneur.

Je rougis que son charme ait surpris mon courage,

Il noircissait ma gloire en vous faisant outrage ;

Et ce n'est pas assez pour en purger mon choix

De vouloir m'acquitter de ce que je vous dois.

D'une coupable sœur à ma perte obstinée

Il faut à votre sort donner la destinée.

Lsetus de ses appas n'a pu se garantir.

Ils veulent être unis, il faut y consentir,

Je vous les abandonne, et dans ce sacrifice

Ne remets qu'à demain à vous rendre justice.

Le trouble oîi ce succès m'a su précipiter.

Pour calmer ses transports me force à vous quitter;

Mais j'atteste les dieux que rien n'est plus capable

D'altérer de ce cœur le décret immuable,

Et que l'effet demain justifiant ma foi.

Vous serez hors d'état de vous plaindre de moi.

MARCIA

Ahl Souffrez qu'à vos pieds, seigneur...

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