‹ Théatre completChapitre 529 sur 1461 · L.«TUS · texte numérisé non relu

L.«TUS

Donnez-vous la raison pour règle à sa colère? Pressant votre hyménée il a su lui déplaire; Et, sans qu'il ait besoin de prétextes plus grands, C'est mériter la mort que déplaire aux tyrans.

MARCIA

Il me le disait bien que sa feinte clémence, Nous déguisant son cœur assurait sa vengeance; Mais bien loin qu'il me fîtredouter son courroux. Je traitais ses avis d'un désespoir jaloux, Et j'osais imputer à son amour extrême D'envier à ma foi l'éclat du diadème.

Cependant de ce feu toujours si maltraité, L'arrêt de son trépas montre la pureté. Ses conseils tout son crime ; et, si par un faux zèle, Flavian à son maître eût craint d'être infidèle, S'il n'en eût pas trahi les ordres inhumains, Mon aveugle injustice achevait ses desseins.

LiETUS.

Dans le juste soupçon que l'empereur peut feindre, C'était le seul pour nous que je voyais à craindre. Comme chef de la garde en pouvant disposer, Sûr d'exécuter tout, il eût pu tout oser ; Aussi prévoyant bien qu'à quelque âpre tempête L'hymen de la princesse exposerait ma tête, A l'insu de Commode un commerce secret Me l'a fait voir ami généreux et discret; Par là sur sa vertu prenant toute assurance, De notre fier tyran j'ai moins craint la vengeance. Et cru, quoi qu'il osât, que peu, sans le trahir, Aux dépens de nos jours lui voudraient obéir.

MARCIA

C'est beaucoup que sa rage ait été découverte, Mais comme d'Électus il a juré la perte, Si, contre sa coutume, un scrupule incertain Lui faisait refuser la coupe de sa main?

L^TUS

Non, non, ne doutez point que sa fausse prudence N'affecte jusqu'au bout la même confiance. D'ailleurs, dans le palais l'ordre est si bien donné. Qu'il ne peut fuir le sort qu'il nous a destiné. Hien ne nous laisse plus à craindre de surprise; Et Flavian lui-même étant de l'eotreprise, Le fer, quoi qu'il arrive, au défaut du poison, D'un trop injuste arrêt nous doit faire raison : Mais je vois Electus qui vous le vient apprendre.

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