SCÈNE III HONORIUS, THERMANTIE, EUCHÉRIUS
EUCHÉRIUS.
Ah ! que voulez-vous faire, Seigneur? Je ne suis plus un amant téméraire. Et de votre faveur le glorieux soutien M'offre en vain une gloire où je ne prétends rien. Ma raison sur mes sens a repris son empire, [re, Et dans l'heureux projet qu'à ma flamme elle inspi- Loin que de son ardeu r j'ose attendre aucun fruit...
HONORIUS
Non, non, Euchérius, ta vertu le séduit.
Et veut que je m'oppose à l'effort magnanime
Qui d'un refus trop fier jette sur toi le crime.
J'autorise ton choix, et pour le maintenir,
Je dois vaincre l'orgueil qui cherche à t'en punir.
EUCHERIUS.
Non, seigneur, mon amour avait trop d'injustice. Souffrez-en à ma gloire un noble sacrifice, Et que l'empressement d'en rehausser l'éclat L'immole tout entier au repos de l'État. Après tant de combats dont les tristes alarmes Tiennent Rome inquiète, et l'Italie en armes, Le superbe Alaric formant d'autres projets, Cherche votre alliance, et demande la paix. Puisque dans cet accord le sang vous intéresse, Permettez qu'il assure un trône à la princesse, Et que de cet hymen les favorables nœuds Remplissent sa naissance, et couronnent ses vœuL
HONORIUS
Ce traité dont le bruit a suspendu nos armes. Pour son ambition sans doute a quelques charmes; Et j'admire en ton cœur le généreux effort Qui t'en fait contre toi solliciter l'accord. Mais plus de ta vertu ce grand effet m'étonne, Moins je puis consentir à ce qu'elle t'ordonne. Viens embrasser ton pri nce ; et quoi qu onfasse en- Laisse à mon amitié le soin de ton destin, (fioi
EUCHÉRIUS.
Daignez songer, seigneur, que la gloire où j'aspi- HONORIUS. [re..J
Va, laisse-moi parler, te dis-je, et te retire. Ta voix dans ce dessein n'est pas à consulter.
BUCHKRIUS, à Tkermaniie, Ah ! madame, empêchez Tempereur d'éclater.