STILICON, ACTE IV, SCÈNE II
^ mandant StilicoD, lui veut persuader \P pourvoir en secret à le faire évader;
^Î5 loin que Slilicon à cet ordre obéisse,
j5on fils est coupable, il consent qu*il périsse;
^quoi que de Félix il doive redouter, t lui-même aussitôt qui le fait arrêter.
^à de Mutian ce que je viens d'apprendre.
PLACIDIB.
pc€Burdanscequ*ilsenta peine àse comprendre, oie et le chagrin y viennent tour à tour etenir ma crainte, et flatter mon amour. É^œux d'Euchérius embrassent la défense, I voudrais déjà voir éclater l'innocence ; ' TefTet d'un charme aussi doux que pressant, uns pour mon orgueil s'il se trouve innocent, wr un malheureux que le destin opprime, blalsse agir pour lui tout ce qu'on eut d'estime ; Lqaoiqu'assez souvent Tamour s'y trouve joint, ^pitié l'autorise, ou ne s'en défend point.
qu'elle séduit s'en laissant trop atteindre, sujet d'admirer ce qu'elle voit à plaindre; ^^ain dans celte ardeur on la veut refroidir, ; àe trouve émue et s'en ose applaudir ; j croyant d'elle-même être toujours maîtresse, ' sa compassion excuse sa tendresse.
Eptrce sentiment qui semblait m'y forcer, poar Euchérius j'ai cru m'intéresser; I vertu que soutient l'éclat le plus insigne, ÉD soupçon lâche et bas me la fait voir indigne ; fpour en repousser l'injurieux abus, î suivi de mon cœur le mouvement confus. tcœur s'est attendri, mais, quoiqu'il en soupire, I doute si jamais il s'en voudra dédire, tsi dans un sujet son lier emportement ûgnera toujours d'avouer un amant.
LUCILE
elqoe tendre pitié qui vous porte à le plaindre^ I D est guère en état de vous la faire craindre, i conjecture est forte, et l'indice pressant, Dt le rend criminel.
PLACIDIE
Mais il est innocent; l de quoi que son cœur pour régner fût capable, aiconque ose m'aimer ne peut être coupable.
LUCILE
ïïï si beau sentiment ferait tout présumer, i l'on aimait toujours quand on jure d'aimer. Ipeot feindre avec vous.
PLACIDIE
Mais, Lucile, je l'aime, ni peut feindre avecmoi,puis-je feindre de même, iElcrois<tu que mon cœur pût trahir ma fierté, [lifiqa'à vouloir s'entendre avec sa lâcheté ? JSOB, non, ces vains dehors d'une fausse tendresse I^Téblouissent jamais les yeux d'une princesse ; iBUe prend dans son sang l'infaillible pouvoir llke donner de Tamour avant qu'en recevoir. Jbcapable d'erreur dans les feux qu'elle excite, rlOe y voit la vertu soutenir le mérite;
Et sur ces seuls garants se laissant enflammer^ Elle est sûre en aimant de s'être fait aimer.
LUCILB.
Ce droit d'un sang illustre est le vif caractère ; Mais absoudre le fils, cest condamner le père; Croyez-vous Stilicon capable d'attenter?
PLACIDIE
Il aime l'empereur, on n'en saurait douter. Ce qu'il a fait pour lui défend qu'on le soupçonne; Mais dans sa dureté son courage m'étonne. Et je ne comprends point quel jaloux désespoir Immole Euchérius à son triste devoir.
Si l'amour en secret m'en fait voir l'innocence. Le sang pour l'éclairer n'a pas moins de puissance. Et ces douces clartés devraient également Lui répondre d'un fils comme à moi d'un amant.
LUCILE
Voici par qui savoir qui des deux est à plaindre.