‹ Théatre completChapitre 582 sur 1461 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

STILICON, MUTIAN.

MUTIAN.

leur, dans un moment vous n'aurez plus de sconjurésenfinsevootfaireconnaître; [maître. Il TOUS aviez bien lieu d'avancer un dessein batTeffet celte nuit pouvait être incertain. taire qu'après l'éclat où l'on s'est vu contraindre, Nielque Zéoon encore était pour vous à craindre, /aDpereur par scrupule eût pu secrètement /aller passer ailleurs qu'en son appartement. 'taàis qu'enfermé seul avec le faux coupable, I reod l'occasion à nos vœux favorable, bau'en son cabinet vingt des nôtres choisis

Sont allés par sa n)ort absoudre votre fils.

Sa garde est du complot, la plupart sont des nôtres,

El le poignard soudain nous défera des autres.

Le reste du parti dans le palais épars,

D'un tumulte imprévu préviendra les hasards;

Ainsi tout est pour vous, et l'entreprise est sûre.

STILICON

J'ai parlé contre un fils, j'ai trahi la nature, Tu t'en es étonné, mais de moindres efforts Ne m'eussent du projet laissé que le remords : Pour le voir réussir, quelque horreur qu'il m'en Il fallait de ma foi ne laisser aucun doute, [coûte, Éblouir l'empereur, et surtout éviter Que l'intérêt du sang ne me fît arrêter. Nos amis dont moi seul je fais la confiance, Auraient par ma prison perdu toute espérance; Et, sans rien entreprendre auxdépensdc mes jours, Chacun d'eux dans sa fuite eût cherché du secours. J'ai prévu ce péril, et,pour mieuxm'en défendre, De peur d'être suspect, j'ai voulu me le rendre ; Et demandant la mort, cette ardeur de périr A détruit les soupçons où je semblais m'ofTrir.

MUTIAN.

J'en vois l'heureux effet; mais enfin ma surprise C'est qu'en secret Zenon trahissant l'entreprise, Tout ait à vos souhaits si bien su s'accorder, Que Félix par votre ordre ait pu le poignarder. J'ai tremblé autrefois quand j'ai su la disgrâce Qui contraignait Félix d'avouer son audace; Je vous croyais perdu le voyant arrêté,

STILICON

Non, non, avant le coup tout était concerté. Pour fuir touslessoupçonsquejevoyaisàcraindre, Mes soins n'a valent été que de l'instruire à feindre, Et nous étions d'accord que s'il était surpris, Après quelque menace il accusât mon fils. J'en ai tiré ce fruit, que par ces artifices, Feignant à l'empereur de nommer les complices, Il a fait arrêter tous ceux dont au palais J'aurais pu craindre obstacle au dessein que je fais. Ainsi d'Euchérius j'ai refusé la grâce.

Sûr que demain au trône il pourra prendre place ; Et si dans un bonheur à mon espoir si doux Placidie ose encor... Mais elle vient à nous, Retourne, Mutian, c'est en toi que j'espère, Et ta présence ailleurs peutm'être nécessaire.

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