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STÎLICON, ACTE V, SCÈNE III

Aucun ne se confond parla peur des supplices; Chacun séparément avec lui confronté Fait voir à nier tout la même fermeté. Jamais Euchérius n'en souilla l'innocence, Jamais de l'attentat ils n'eurent connaissance; Enfin aucun n'avoue, et tous également Repoussent un forfait que leur vertu dément. Pour tirer de Félix des clartés plus certaines, Pourquoi n'employer pas les tourments et les gènes? La voie est assez prompte, et les moyens aisés De rendre ce qu'on doit aux autres accusés. Que son rapport contre eux soit faux ou véritable. De la mort de Zenon il est toujours coupable ; Et comme l'attentat à ce crime est uni, Sans rien mettre en balance, il doit être puni. Si cette épreuve est juste, elle est due à ma gloire On sait d'Euchérius ce que j'ai voulu croire; Et l'on doit faire enfin connaître à l'empereur Si le sang qui m'anime est sujet à l'erreur.

STILICON

Madame, je n'attends qu'à presser sa justice De vouloir de Félix ordonner le supplice; Mais seul avec mon fils qu'il a voulu revoir, Il examine encor ce qu'on n'a pu savoir. Surpris que Pompejan, Straton, Rufus, Térence, Au lieu de l'accuser montrent son innocence. Il hésite, et, par lui, cherche à développer Qui d'eux ou de Félix aspire à le tromper. Mais les gènes rendront son audace inutile; Et le ciel est trop juste...

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