HONORIUS, STILICON, PLACIDIE
LUCILE
HONORIUS
lecraÎDS rien, Stilicoo, le péril est passé; S la faTeur du ciel t*a conservé ce maître, lont la mort le livrait aux attentats d'un traître.
[ PLACIDIE
U, seigneur, tous vivez!
' STILICOIf.
Seigneur...
HONORICS.
Embrasse-moi ; dois cette tendresse à ton zèle, à ta foi, devoir dans ton fils m'offrait une victime...
PLACIDIB.
ir ce coupable fils oublierez-vous mon crime, ifoeur? Dans son forfait mon esprit partagé...
HONORIUS
! Tous seule, ma sœur, en avez bien jugé, était innocent; et jamais imposture a^lfait soupçonner une vertu si pure.
PLACIDIB.
9ao'h ce n'est pas pour lui qu'à hauts cris décla- ' HONORIUS. [rés...
ho nom s^est fait ouïr parmi les conjurés; ^$ on Ta vu bientôt, contre leur espérance, isa dépens de leur sang prouver son innocence.
L STILICON
k»D fils n'est point coupable! Ah! Permettez, seine je coure jouir d'un si rare bonheur, [gneur, en ses embrassements...
HONORIUS
Tu le vas voir paraître, imeore.
PLACIDIE
I Mais, seigneur, connaissez-vous le traître?
Knir qui conspirait-on?
I HONORIUS
C'est ce qu'on va savoir ceux des assassins qui sont en mon pouvoir; ciel dans leur défaite admirez la justice. \ voyaient à leurs vœux l'occasion propice, as les nouveaux soupçons qui m'avaient alarmé, ni avecque ton fils je m'étais enfermé;
ils ne savaient pas que dans la juste crainte Bt on a vu pour moi l'impératrice atteinte, ^ pluszélés des miens quelque nombre sans brui t [^ son appartement dans le mien introduit, Bus mon cabinet même armé pour ma défense, Xoatre la trahison faisait mon assurance. !lctellin par mon ordre au dehors demeuré,
£>^it trompé lui-même, et l'avait ignoré; |tl n'ayant avec lui que deux des siens poursuite, /ne laisser périr voyait sa foi réduite; rs qu'entrés en tumulte, et leurs indignes cris os ayant fait songer à n'être point surpris.
De Marcellin à peine ils bravent l'impuissance, Qu'il nous voit tout à coup sortir à sa défense. Ce secours imprévu les ayant étourdis, Fait d'abord à nos pieds tomber les plus hardis. L'effroi suit aussitôt leur attente trompée; Et ton fils de l'un d'eux ayant saisi l'épée. Les yeux étincelants d'une illustre fureur, « Quoi, vive Euchérius, et meure l'empereur. Traîtres? » Et de l'effet ta menace est suivie. Son bras n'attaque point qu'il n'en coûte une vie» (I pousse, il frappe, il tue; et parde si grands coups. L'avantage du nombre est tout entier pour nous. C'est alors que cédant à l'ardeur d'un beau zèle, «Pour des lâches,» dit-il, « cette mort est trop belle, Nos mains à trop d'entr'eux ont ouvert le tombeau ; Réservons ce qui reste à celles d'un bourreau, Sous l'horreur des tourments qu'ils parlent, qu'ils
[m'accusent. »
De leur dernier espoir ces mots les désabusent, Chacun cherche une mort qu'il ne peut obtenir. On épargne leur vie afin de les punir. On les met hors d'état d'aucune résistance; Et leur parti par là demeurant sans défensr. Les derniers qu'à l'instant Euchérius poursuit. N'espèrent qu'à la fuite où leur sort les réduit. Marcellin le seconde, et lui prête main forte; Et dans la noble ardeur qui tousdeuxles transporte, Rien ne peut dérober ces lâches révoltés Aux justes châtiments qui leur sont apprêtés.
STILICON
Ah! Puisqu'il reste à vaincre, accordez-moi la D'achever avec eux cette grande victoire, [gloire Je rougis que sans moi l'on vous ait secouru.