‹ Théatre completChapitre 596 sur 1461 · SCÈNE iV D- FERiNAND, BÉATRIX, GUZMAN · texte numérisé non relu

SCÈNE iV D- FERiNAND, BÉATRIX, GUZMAN

Aujourd'hui, Béatrix, tout à mes vœux succède. Ta rencontre est un bien qui doit m'être si doux...

BÉATRIX

Pas tant, si je vous viens ôto,- un rendez-vous.

D. FERNAND

Que dis-tu?

BÉATRIX

Que tantôt ma maîtresse Isabelle, Ne peut, don Dionis, vous attendre chez elle; Voilà ce que j'allais vous dire de sa part.

D. Fr.RNAND.

J'attendrai son retour, et la verrai plus tard.

BÉATRIX

Non pas pour aujourd'hui, votre amour va trop

D. FERNAND. [vjtc.

Au moins à son défaut accepte ma visite; Et si tantôt, sans toi, par hasard elle sort...

BÉATRIX

11 vous plaît de railler.

D. FERNAND

Ah! c'est me faire tort.

Non, à l'entretenir j'aurai la môme joie. Et je croirai la voir pourvu que je te voie.

BÉATRIX

Ma foi, je ne sais pas comme vous l'entendez. Mais je pense valoir ce que vous demandez. D'aussi bien faits que vous me verraient pour mon GUZMAN. [compte.

Qu'elle en sait!

D. FERNAND

Tout de bon, ton espritme faithonte; Et je t'en trouve tant...

BÉATRIX

Que vous le baillez doux!

Trêve, don Dionis, point de guerre entre nous; J'ai peut-être de quoi vous donner votre reste.

D. FERNAND

Tu tournes tout en jeu; mais, je te le proteste, Que mon cœur sent pour toi certaine émotion ..

BÉATRIX

De grâce, arrêtez là la protestation.

Sans me charger encor d'un cœur comme le vôtre, J'ai tant deprotestantsqu'ilss'étouffent l'un l'autre; Et, dans les vœux divers qu'on me vient adresser, Je ne sais tantôt plus où les pouvoir placer.

D. FERNAND

Ta beauté, du plus lier te ferait un esclave.

BÉATRIX

Je sais ce que je puis, ne faites point le brave, Et croyez seulement que, l'ayant entrepris, Vous seriez bien adroit si vous ne restiez pris. Qu'on se défende, ou non, de chercher à me plaire, Quand j'ai dessein de prendi*e, on ne m'échappe Et j'arrête si bien, qu'en ce droit absolu [guère, Je n'ai perdu jamais que ce que j ai voulu.

Qui ne t'en croirait pas?Tu vaux que l'on t'admire; Tout est aimable en toi.

BÉATRIX

Vous pensez vous en rire; Mais après tout, peut-être, à m'examiner bien,

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