LE GALANT DOUBLÉ, ACTE II, SCÈNE V
/amour s*esl bien Tcogé de son indifférence, 'a autre don Fernandpour Iroublernom repos..;
ISABELLE
!■ autre, dites-vous?
LÉONOR
Don Fernand d'Avalos.
fn procès qu'à la cour il est venu poursuivre, L'a tiré de Grenade où le ciel le fait vivre ; Il mes sens en lui seul se sont sentis flattés te tout ce qu*on peut voir d'aimables qualités. s savoir ce qu'en moi sa rencontre fil naître, is savez l'accideal qui me le fit connaître, JKs qu'au bord du fleuve, où j'osai m'engager,
chevaux s'emportant m'eussent mis en danger, i,M)Qdain, à leur fougue opposant son courage, l'fùt su m'épargner ce geure de naufrage. oeTous ferai point de récits superflus, k vis, il me plut, il me vit, je lui plus, pareille ardeur dans nos cœurs sembla naître ; iqoelqueeffort alors qu'il fit pour méconnaître,
ce grand service il ne put rien savoir, 100 qu'en ce lieu même il pourrait me revoir. ^,dès ce moment, contre toute apparence, iMiaour commença par la reconnaissance; tsiBscessemoa cœur, par de secrets discours, ^entffdentdu péril pour songer au secours. i /lisais à me tenir cette image présente, Xéfiuis d'être ingrate, et me rendais amante; Etrpour me livrer mieux aux transports queje sens, jL'imoorse prévalait de l'erreur de mes sens.
ISABELLE
Us, engagée enfin à l'bymen par un père, 9>*esl-ce dans cet amour que votre cœur espère?
LÉONOR
lut, si d'un si beau feu l'impérieuse loi kot attendre de lui ce qu'elle obtient de mol. Test par ce seul motif qu'il m'a vue obstinée A lui taire et mon nom et de qui je suis née; Uqu'à le voir souvent ayant su m'obliger. Avant qu'il me connût j'ai voulu l'engager, [dent Lamoufjdonton sait tropjusqu'oùlesdroitss'élen- Eslioajoursfavorableàdeuxcœursqui s'entendent; ^ pour rompre un hymen qui confond mon espoir, Nrru qu'on l'en consulte, il a trop de pouvoir.
ISABELLE
lais l'époux arrivé, que pouvez-vous prétendre?
LÉONOR
Cesl ce qu'à don Fernand j'ai résolu d'apprendi*e ; Û, pour lui découvrir cet important souci. Idiote, qui l'attend, va l'amener ici.
fc m'en suis cru chez vous la liberté permise.
ISABELLE
flû'estrien qu'avec moi laniitié n'autorise.
LÉONOR
1^ logis de derrière ouvre en un lieu désert, Pif où le faire entrer sans qu'il soit découvert; JwiûiccQ est instruite, et sait ce qu'il faut faire.
ISABELLE
Celle précaution était peu nécessaire;
Qui vit comme je fais, sans détour, sans façon, Brave la médisance, et craint peu le soupçon. Mais enfin, aujourd'hui vous lui voulez tout dire?
LÉONOR
Non,maisceseul hymen dont mon amour soupire, El, par ses sentiments, prendre droit de juger Jusqu'où, pour y répondre, il me doit engager.
ISABELLE
Souvent un beau dehors a l'art de nous séduire.
LKONOR.
Aussi, par vos conseils je cherche à me conduire. Et ce qu'il veut savoir ne lui sera connu. Qu'après que vous l'aurez vous-même entretenu. Vous sonderez son cœur, étudierez son âme; Et j'éteindrai par vous, ou nourrirai ma flamme.