‹ Théatre completChapitre 615 sur 1461 · SCÈNE II D. FERNAND, ISABELLE, BÉATRK, GUZMAN · texte numérisé non relu

SCÈNE II D. FERNAND, ISABELLE, BÉATRK, GUZMAN

D. FERNAND

Madame, enfin le ciel, à mon amour propice, N'a pu de vos desseins approuver l'injustice. Ne souffrir plus longtemps qu'un orgueil rigoureux Privât de votre vue un amant malheureux. Il a fait naître exprès une telle rencontre. Aujourd'hui malgré vous à mes yeux il vous montre ; Et m'offre la douceur dont un destin jaloux M'a tantôt empêché d'aller jouir chez vous. J'ose au moins me flatter de vous voir assez bonne. Pour consentir au bien que le hasard me donne ; Et ne murmurer pas, que contre mon espoir. Il accorde à mes vœux le plaisir de vous voir.

ISABELLE

Pour vous le faire croire, il suffit de vous dire Que, plus je vous connais, et plus je vous admire. Les divertissements que vous vous choisissez

Ne trouveront jamais qui les estime assez. Votre agréable humeur galamment les ordonne; Mais, afin d'épargner votre double personne, A qui d'elle avec vous parlé-je maintenant? Est-ce à don Dionis, ou bien à don Fernand? Ètes-vous de Grenade, ou venez -vous de Flandre?

D. FBRNAND.

De telles questions ont droit de me surprendre. Vous avez déjà su, par d'autres que par moi, Qu'en Flandreassezlongtempsonm'a vudansTea Le désir du reposa causé ma retraile. [pjoij Cependant en ces lieux j'ai trouvé ma défaite; Et mon cœur que l'amour n'avait pu surmonter, Charmé de vos appas, n'a su leur résister ; Vous le savez; mais lasIJe crains bien quevotreàm Ne cède au repentir d'avoir souffert ma flamme ; Et que ce rendez-vous, ôté cruellement.

Ne soit déjà l'arrêt de mon bannissement.

ISABELLE

Prévenir les sujets que j'aurais de me plaindre, C'est fort adroitement pratiquer l'art de feindre. Si j'avais pu tantôt tomber dans le panneau, Vous me feriez encore y donner de nouveau; Mais, quoique mon esprit n'ait pas tant de lumières Il faut pour l'éblouir des fourbes moins grossières; Et celles que par là vous pourrez attraper, Auront un grand talent à se laisser duper.

D. FERXAND.

Quelle énigme est ceci, madame...

Je vous prie, Afin d'ennuyer moins, changez de batterie; C'est assez sur ce ton, vous ne m'y prendrez pas.

D. FERNAND, à Biatrix.

Tout ici démon trouble augmente l'embarras. Tire-moi de la peine où tu vois qu'on me laisse; Quelqu'un m'a-t-ilsu nuire auprès de ta roaîlresse, Béatrix, quelle erreur tient ses sens obsédés?

BÉATRIX

Ah ! Monsieur don Fernand, vous vous dégrenadeit Vous ne me prenez plus pour amie ou parente?

D. FERNAND

Enfin, je n'ai point l'âme assez intelligente, Il faut s'expliquer mieux. De quoi m'accuse-t-oa? Qu'ai-je dit? Qu'ai-je fait? Que croit-on de moi?

GUZUAN.

BOD.

Voilà vous parler ferme, avisez à répondre.

ISABELLE

Quoi, ce que vous voyez est peu pour vous confon-

D. FERNAND. l^"^^

Faute d'y rien comprendre, on m'en voit interdit

BÉATRIX

Madame, il veut, je crois, nous renverser l'espnl. Donc, tantôt, tout du long, me traitant d'inconnue, Vous n'avez point nié de m'avoir jamais vue, De vous être adîouci pour m*en conter un peu "

Moi, je l'aurais nié ? Pourquoi ce désaveu,

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