LE GALANT DOUBLÉ, ACTE IV, SCÈNE L
Quand j'ose tout pour vous, de faire un peu pour
D. FERNAND. [moi.
Si vous voulez, madame, en croire l'apparence. Le sujet qui m'amène est pour vous une offense, Et, par ce qui paraît, déclaré contre vous, J'ai mérité l'aigreur de tout votre courroux. Je venais chez don Diègue, et vous pouvez me dire Qu'il semble contre soi que mon amour conspire. Puisque, m'y hasardant, je ne pouvais douter Que le vôtre par là n'eût tout à redouter ; Mais j'atteste le ciel, qui voit toute mon âme, Qu'on ne brûla jamais d'une si pure flamme; Et que,quoi qu'en ordonne un destin trop jaloux, Je périrai plutôt que n'être point à vous.
LÉONOR
Un semblable sermenta pour mof bien des charmes; Mais daignez m'épargner de puissantes alarmes ; Et, pour ne me laisser aucun lieu de souci, Sans vouloir voir don Diègue, éloignez-vous d'ici.
D. FERNAND
J*y consens; mais, pour prix d'un amour si fidèle. Ne puis-je...
LÉONOR
De ma part allez voir Isabelle; Et suivez un espoir qui vous est confirmé, Si vous aimez autant que vous êtes aimé.
D. FERNAND
Ah! Si vous en doutez...
Retirez-vous, de grâce, Mon amour vous l'ordonne, etma crainte vous chas- Être ici plus longtemps ce serait me trahir. [se ; Adieu.
D. FERNAND
Vous le voulez, et je dois obéir.