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LE GALANT DOUBLÉ, ACTE V, SCÈNE IIL

Mais, ma foi, pour toujours, Dieu m'eu veuille

[garder.

Tous ces friands atlraits qui parent ton visage, Sont meubles de hauts prix malpropres au ména- Et je tiendrais heureux qui les doit posséder, [ge; S'il ne fallait toujours que voir et regarder. Mais, chère Béatrix, qui sous l'hymen se range. Fait tout comme un autre homme, il boit encore Partant, Jacinte, tiens. [et mange.

JACINTB.

Tu la quittes pour moi ?

GUZMAN

Va, touche.

BÊATBIX.

Pauvre fou ! J'aurais voulu de toi?

Dans quelle folle erreur ton esprit s'enveloppe 1 Sais-tu bien que j'ai fait tirer mon horoscope, Et que le moindre honneur qui me puisse être ac-

[quis, C'est, avant qu'il soit peu, d'épouser un marquis? Peut-être même un duc, ou plus.

GUZMAN

Le doux augure I Bonsoir, belle marquise, ou duchesse future.' Le ciel...

D. JUAN

Va, Béatrix, n'écoute plus ce fat, Je vais faire ériger ma terre en marquisat; Et si, dans ce temps-là, ta foi n'est point promise. Prends-en la mienne ici, je te ferai marquise. Comme en toi je choisis l'objet le plus parfait, J'en sais qui m'ont trouvé peut-être assez bien fait ; Je plais où je veux plaire, et suis assez de mise.

BEATRIX. [dise;

Nous n'avons pas besoin tous deux qu'on nous le

Et, si je crois valoir qu'on ait des yeux pour moi^ Vous avez pour vous-même autant de bonne foi; Mais, à bien prendre tout, quoiqu'un peu plu

[grand'dame, Je n'en ferais pas mieux pour être votre femme; Et nous n'irions pas loin ensemble à commun] Qu'il ne fût question d'en venir au rabais, [frais; De l'humeur dont je suis, de l'humeur dont von

Je crois, qu'assez souvent, nous ferions boarsa

[nettes; Nous sommes en défauts opposés tant soit peu, J'aime fort la dépense, et vous aimez le jeu. L'u n de l'autre par là nous nous verrions les dupe* Je voudrais de l'argent pour acheter des jupes; Et, loin de m'en fournir, comme j'aurais pensé, Peut-être, ce jour-là, vous auriez tout massé. Un point,ou de Venise, ou de quelque autre mode Serait d'un taupe et tinc une suite incommode, Et vous enrageriez cent fois tout votre saoul, Quand vous me verriez brave, et n'auriez pas lesoi Si la nécessité se trouvait trop pressante, On prendrait au besoin un peu d'argent en rente La somme doublerait, elle ferait éclat.

Et la terre saisie, adieu le marquisat. Voilà comme le tout s'en irait en fumée.

D. JUAN

Je n'ai pas avec toi méchante renommée. Puisque tu me connais, n'allons pas plus atuA Aussi bien nous pourrions nous querellersouïenl Au lieu que, demeurant aux termes où nous son

[inei Tu verras que je suis le plus ardent des homoMi Et que, tant que le jeu me laissera de quoi, Si tu prends à crédit, j'irai payer pour toi.

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