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GAMMA, ACTE 1, SCÈNE IL

De ce fatal hymen dégageait votre foi : Mais de ce prince en vain l'ombre vous embarrasse, 11 n'en est point, seigneur, que le trône n'efface; Et, dans quelques horreurs qu'on ait pu se porter. Pour être absous de tout, il suffit d'y monter.

SINORIX.

Ce sont là des tyrans les damnables maximes En qui l'impunité fait le pardon des crimes. Et qui d'un noir forfait espérant quelque bien, Après l'avoir commis ne se reprochent rien. Mais, las! Tu me plaindrais si tu pouvais connaître Ce que dans un grand cœur le repentir fait naître, Quand, après un effort mille fois combattu, Le crime, par contrainte, échappe à la vertu. De sou indigne objet sans cesse possédée, L'âme entraîne partout l'épouvantable idée, Un vif et dur remords n'en est jamais banni. Et, coupable un moment, on est toujours puni.

PHÉDIME

C'est beaucoup que, du moins, cette mort qui vous Soit toujours un secret ignoré de la reine, [gène Et qu'à Sostrate seul l'ayant su confier, Vous n'ayez point vers elle à vous justifier; Mais, comme enfin, seigneur, Sostrate a del'adres- Devient-elle inutile auprès de la princesse, [se. Et ses soins n'ont-ils pu la faire balancer Sur l'hymen où pour lui vous la voulez forcer?

SINORIX.

Il la voit chaque jour, Phédime, et je puis dire Que ce cher confident partage mon martyre, Puisqu'à mes intérêts osant s'abandonner, Il a pris malgré lui ce qu'il n'a pu donner. S'il a brigué d'abord son hymen pour me plaire. C'est un bien aujourd'hui qu'à tout autre il préfère. Et, quoiqu'il m'ait caché le chagrin qui le suit, Montre le désespoir où l'amour le réduit. Aussi plus que le mien son intérêt me presse D'embrasser un conseil qui bannit la princesse : J'ai fait naître sa flamme, et je lui dois offrir. L'éloignant de ses yeux, une aide à se guérir.

PHÉDIME

Sostrate est généreux, et jamais un vrai zèle Ne marquera pour vous une âme plus fidèle; Mais ce fatal amour qui l'accable aujourd'hui. Serait peut-être un crime à tout autre que lui. D'un bel espoir trahi l'irréparable offense Sur vous de la princesse attire la vengeance; Et prétendre à son cœur, c'est presser son courroux D'accepter une main qui la venge de vous.

SINORIX.

Contre moi de Sostrate il n'est rien qu'eUeobtien- Mon amitié pour lui me répond de la sienne, [ne, Sa vertu m'est connue ; et ce que je lui doi Ne me laisse aucun droit de douter de sa foi. Cet amour que tu crainsflattefen ce point ma peine. Qu'espérant d'être aimé, si j'épouse la reine. Avec tant de chaleur il lui peint mon tourment... Mais je la vois qui passe à son appartement.

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