IN0RIX
Hé bien, je suis tyran; ma seule violence Fui le droit qui m*acquit la suprême puissance, Le crime est noir et lâche, il fait horreur à tous^ Ijlais, causé par Tamour, est-il crime pour vous? {Cet amour n'aurait eu qu'une ardeur imparfaite, IS'il m'eût souffert Taffront de vous laisser sujette, fEt seul au vol d'un trône ayant su me forcer, jje ne l'ai fait, du moins, que pour vous y placer.
GAMMA
lorsqu'à cet excès monte votre injustice, ITons trouvez glorieux de m'en rendre complice, : ce parfait amour, qui cherche à m'obliger,
le peut qu'en m'ofîrant son crime à partager? a'îci nos sentiments diffèrent Tun de l'autre! lous trahissez ma gloire, et j'ai soin delà vôtre; , quand pour m'abaisser vous m'offrez votre foi, cherche à faire en vous un légitime roi. l'à ces vives clartés votre aveuglement cesse, ["Pour mériter le trône épousez la princesse, IBt, M rendant des vœux à sa flamme échappés, l^^édez justement ce que vous usurpez.
SINORIX.
F jeo formai pour elle, on ne les vit paraître
ï quand mon cœur pour vous n'osait se bien conique son zèle ardent par un adroit détour, [naître,
il à mon devoir les soins de mon amour. îcœuren qui Tespoir n'aurait pu qu'être un crime» vit qu'elle, après vous, digne de son estime; [pour ce triste hymen, mal instruit de mou feu, itos le pressant, je donnai mon aveu ; lis sitôt que sa mort, laissant agir ma flamme, I secret de mes vœux eut dégagé mon âme, libres dans leur hommage, il leur fut assez doux |félre encore en état de s'expliquer pour vous.
si, ce qu'ils cachaient se ût bientôt connaître, (parus inconstant, afin de ne pas l'être, l&s ▼oir qu'à mon feu, pour oser s'exprimer, Imanquait seulement que vous pussiez aimer. tous le pouvez, madame, et de vos vœux maîtresse.. .
GAMMA
I, non, c'est présumer en moi trop de faiblesse. i qu'un trône ait d'éclat, il n'a rien d'assez doux me faire trahir les mânes d'un époux.
mort, et sa fille, en ce malheur extrême, I moins par votre hymen a droit au diadème. pouvez à ses yeux en ceindre un autre front, i ce n'est point par moi qu'elle en aura l'affront, ^aren donner l'aveu, quoi que vous pussiez faire, i source de mon sang à mon cœur est trop chère ; : Ton ne verra point qu'infidèle à ce sang ^lide à la tyrannie à lui voler son rang.
SINORIX.
1 ! Puisque vous prenez quelque soin de ma gloire, iiTCZ-lad'un péril plusgrandqu'onnepeutcroire, , ne me forcez point, lorsque je m'en défends.
A mériter l'horreur que Ton doit aux tyrans. J'aime une reine auguste, et cette ardeur est telle. Que n'aimant et le trône et le jour que pour elle, Mon cœur que ses dédains peuvent pousser à bout. S'il suit son désespoir, est capable de tout. Daignez m'en épargner la fatale disgrâce.
CAMMA
Vous avancez beaucoup d'employer la menace. Je ne vous dirai point s'il la faut redoubler. Mais mon cœur est à vous quand il pourra trembler.
SINORIX.
Hé bien, pour me punir allez jusqu'à l'outrage. Noircissez ce beau feu dont vous fuyez l'hommage. Malgré tant de mépris redoublez chaque jour. Dans un respect égal vous verrez mon amour. Je vous le jure cncor; mais pour le satisfaire. Sachant ce qui me nuit, je sais ce qu'il faut faire; Et, lui devant l'éclat d'un trop juste courroux. Je puis être tyran pour d'autres que pour vous. Je vous laisse penser, madame.