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SCÈNE IV CAMMA, SINORK, SOSTRATE, SOSIME, gardes

SOSIMB.

Seigneur.

SINORIX.

La trahison d*un faux succès suivie Vient d'employer ce fer pour m'arracher la viel Mais j'ai tort d*accuser mon ingrat ennemi. Q n'est dans son forfait coupable qu'à demi, D suit Tordre du ciel, dont Farrêt trop sévère TToane pour moi la mort une peine légère, . 1ËL d'un lâche assassin n'arrête la fureur, I QQ'tfio que la menace en redouble Thorrcur.

iCestpeu que dans mon sang cette fureur s'éteigne, Inat que j'y succombe il veut que je la craigne, . l bàiis cette frayeur pour mieux m'envelopper, flredre le bras sur le point de frapper. Sicroelle pitié qui de mon sort décide, JfeBvoie un protecteur avec un parricide, - Etdu crime âmes yeux la vertu triomphant, I L'on attaque ma vie, et l'autre la défend. I Voodrez-vous m'éclaircir ce coup abominable, f Madame ? Je le vois, et le trouve incroyable; I Et mon cœur qu'en confond le projet odieux, J Cherche sur tant de rage à démentir mes yeux.

f GAMMA.

f Vous avez peu besoin que je vous éclaircisse, Uq autre peut ici vous rendre cet office; Et dans l'effet douteux qui vous comble d'effroi, Le fidèle Sostrate a plus de part que moi.

SINORIX.

Bé bien, parle, Sostrate, et me tire de peine.

Saivras-lu contre moi l'exemple de la reine;

El voudras-tu, comme elle en cet événement,

Refuser quelque jour à mon aveuglement?

SOSTRATB. [taire,

?M>D, seigneur, c'est en vain que je voudrais me ■ Vous avez vu l'effort que mon bras vient de faire; • Le crime veut du sang ; et, sans rien balancer.

Sachant ce qui m'est dû, vous devez prononcer.

SINORIX.

Traître, par cet aveu mets le comble à ta rage, Je ne voyais que trop le crime qui t'engage; Mais pour avoir prétexte à t'en justifier, Je voulais que du moins tu l'osasses nier. La reine en ta faveur ayant voulu se taire, Me donnait jour à prendre une erreur volontaire ; El, si par ton silence il m'eût été permis. Je t'ôtais de i'ablme où ta flamme t'a mis.

Aidé de ce silence, à toi seul favorable. Je me fusse contraint à douter du coupable. Et j'aurais pu, par là, dans un sort si cruel, Donner à l'innocent les jours du criminel. Dans celui dont ma mort a su toucher l'envie, J'eusse craint de punir qui m'a sauvé la vie; Et la peine et le prix qu'à tous deux je vous doi, Fussent restés secrets entre mon cœur et moi. Maisc'estpeu qu'àmaperte un làcheespoir t'anime Si tu ne fais encor vanité de ton crime, Et si l'indigne aveu que ta fureur en fait. Ne tâche aux yeux de tous d'en suppléer l'effet. Ingrat, de mes bienfaits, est-ce la récompense?

SOSTRATE. [ne pense;

Ils sont tous dans mon cœur mieux gravés qu'on Mais enfin, je l'avoue, il ne peut consentir Que de ce que j'ai fait j'ose me repentir. Vous m'apprêtez la mort, et ce cœur la désire," Elle seule aujourd'hui fait tout l'heur où j'aspire; Et pour Ja mieux hâter, sachez que cette main En même occasion aurait même dessein.

Que cent fois de nouveau l'effort qu'elle a su faire...

SINORIX.

Quoi, traître, jusque-là ta rage te peut plaire? Hé bien, sache à ton tour que plus tu me fus cher. Moins ce cœur dans ton sort se laissera toucher, Que l'amitié par toi lâchement outragée Sur ton sang hautement sera par moi vengée. Et que de ma tendresse étouffant la chaleur, Je le verrai couler sans la moindre douleur.

(A la reine,)

Mais pardonnez, madame, au transport qu*autoriso Du plus noir attentat la plus lâche entreprise, Et qui, m'offrantun gouffre ouvert de toutes parts, Sur le coupable seul arrête mes regards. Surpris de sa fureur je m'emporte et j'oublie, Quand je lui dois la mort, que je vous dois la vie, Et que m'abandonnant à cet ardent courroux, Ce cœur juste pour lui devient ingrat pour vous. Sans vous je n'étais plus, sans vous, triste victime, Mon sang d'un parricide eût couronné le crime; Et, dans ce grand secours, c'est peu le mériter, Que songer à punir plutôt qu'à m'acquitter. Souffrez donc qu'à vos pieds...

Ah! C'est trop me confondre.

Je vois,j'entends, j'écoute, et ne sais que répondre; Et mon esprit confus, surpris, inquiété, Tombe enfin malgré moi dans la stupidité. Ce que Sostrate a fait m'est la plus rude offense ; Je voudrais, toutefois, parler en sa défense; Et, lorsqu'on sa faveur la pitié m'entretient, Un autre sentiment m'inspire et me retient.

SINORIX.

Vous, madame, défendre un perfide, un infâme?

SOSTRATE

Non, non, de grâce, non, ne dites rien, madame, Et, sans vouloir pour moi tenter un vain effort, ,

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