SCÈNE V
SINORIX. CAMMA, HÉSIONE, SOSTRATE, PHËDIME, SOSIME, gardes.
SINORIX.
Phédime, aurais-tu cru Tattentat d'un perfide?
HBSIONE.
Nomme mieux un beau zèle où la gloire préside. Je sais par quel malheur son projet avorté L'expose aux fiers transports d'un tyran irrité, Et viens avec plaisir, complice de son crime, Offrir à ta fureur une double victime.
C'est pour moi que son bras dans ton indignesaog Cherchait à réparer l'outrage de mon rang. Par moi, ce bras armé pour soutenir ma haine, Perdait l'usurpateur qui détrêne sa reine; Et d'un illustre effort le généreux éclat. D'un honteux esclavage affranchissait l'État Le ciel dont contre toi le courroux se déguise, Nous ôte exprès le fruit d'une belle entreprise, Et pour voir où ta rage arrêtera son cours, De Sostrate et de moi t'abandonne les jours. Ose, et de mon destin prenant droit de résoudre, De la main qui le lance arrache enfin le foudre; Et, comblant des forfaits qu'on ne peut égaler, Ote aux dieux le pouvoir de plus dissimuler. Je suis prête à souffrir quoi que ta rage ordooee, La plus affreuse mort n'aura rien qui m'étonne; Et le coup m'en plaira, s'il me peut épargner L'horreur de te voir maître où je devrais régner.
SINORIX, A Sostrate.
lié bien, j'ai fait sans doute injure à la princesse, Lâche, ton attentat n'a rien qui l'intéresse, Et j'ai dû, quand ton bras s'arme contre ton roi, Recevoir tes serments pour garants de ta foi?
SOSTBATE, ù Béiione, Qu'avez-vousdit, madame, etquefaites-vouscroird
HÉSIONB.
J'ai dit ce qu'a voulu l'intérêt de ma gloire; Et quand ce grand motif à mon cœur vient s'offrir, Si je ne sais aimer, du moins je sais mourir.
SINORIX. [perte
Non, vous ne mourrez point; et puisque par nu L'assurance du trône à vos vœux est offerte, J'aurais tort si j'osais retrancher de vos droits Le pouvoir d'attenter une seconde fois.
HÉSIONE
Une si juste ardeur suivra toujours ma haine; Mais je dois respecter les projets de la reine, Et ne poursuivre plus d'un effort si constant Un trône où je découvre enfin qu'elle prétend.
Ci^MMA.
Ce chagrin inquiet incessamment vous gêne.
HÉSIONE
J'ai soupçonné d'abord, mais je parle certaine, Et ne vous fais ici qu'un reproche trop dû, Quand le trône sans vous m'aurait été rendo. Rompre un coup qui perdait l'auteur de ma misère.