SCÈNE I GAMMA, PHÉNICE
CAMIIA.
L'arrêt en est donné! Que me dis-tu, Phénice?
PHÉNICE
Qu'on dresse l'appareil d'un funeste supplice, Et que c'est par sa mort qu'un tyran inhumain Punit ce fier refus de lui donner la main.
CÂIIMA.
Quoi, cet ami si cher ne trouve point de grâce?
PHÉNICE
Enfin, l'effet est prêt de suivre la menace; Jamais tant de fureur ne se peut concevoir, Qu'en tous ses sentiments Sinorix en fait voir. Indigné de l'orgueil que montre la princesse, Il éclate, il foudroie, il s'emporte sans cesse; Et le rang qu'en son cœur Sostrate a su tenir. Semble augmenter sa rage à le vouloir punir,
CAIfMA.
Phénice, il est donc temps quema vengeance cède, Qu'au mal que j'ai causé j'oppose le remède. Et qu'à tant de fureur ce cœur reconnaissant. Par l'offre du coupable, arrache l'innocent?
PHÉNICE
Vous découvrir, madame? Ahl Que voulez-vous CAMMA. [faire?
Épargner à Sostrate une mort volontaire, Et ne permcltre pas qu'il expie aujourd'hui Le crime glorieux qu'il a jeté sur lui. Dès lors, sans un époux dont l'intérêt me presse, J'eusse de son amour désavoué l'adresse,
Et n'aurais pas souffert que mon tyrao trompé Le chargeât d'un forfait sur ma gloire usurpé; Mais voyant Sinatus sans espoir de vengeance, Si je n'en confirmais l'abus par mon silence. J'ai voulu m'y contraindre, et cru que la pille Lui ferait pour Sostrate écouter Tainitié. C'est à moi, puisqu'enfin je l'en crois incapablei A détruire une erreur qui cache le coupable, ; A lui montrer le bras qui s'immolait ses jours, . Et des dieux, pour le reste, attendre le secours.
PHÉNICE
Comme il faudra pour lui que votre haine écltli Vous l'allez irriter sans secourir Sostrate. N'ayant rien dit d'abord, vous lui ferez penser Que vous n'avez dessein que de l'embarrasser; Et je crains que piqué de voir, par là, votre àt Désavouer l'espoir dont il flatte sa flamme, Il ne hâte une mort dont, par quelque intérêt, II peut songer encore à suspendre l'arrêt.
CAMMA
Maisquand je lui dirai qu'une ardeur de vengeué M'a fait de ses forfaits cacher la connaissance, Que je sais qu'en secret sa lâche trahison, Pour perdre Sinatus, eut recours au poison, Qu'à venger cette mort ma haine toujours prèle^ A Sostrate cent fois a demandé sa tète, Qu'à son refus tantôt, dans ma noble fierté, Mon bras se l'immolait s'il ne l'eût arrêté, Que l'aveu qu'à sa flamme il a cru si propice, Pour le mieux éblouir n'était qu'un artifice; Crois-tu que ce rapport trouve si peu de foi, Qu'il le laisse douter entre Sostrate et moi?
PHÉNICE
Le voici qui parait; avant que rien n'éclate, Songez à Sinatus, jetez l'oeil sur Sostrate; Et craignez qu'à sa rage abandonnant vos jours, L'un ne soitsans vengean ce, et l'autre sans secoDR-