‹ Théatre completChapitre 690 sur 1461 · ACTE PREMIER scène I · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER scène I

MAXIMIAN, LICINE.

UCJNB.

SeigoeuTy je le confesse, on ne peut plus rien faire, Dont la gloire ne cède à celle de Sévère ; L'hooAeur d'avoir rangé la Gaule sous nos lois, Ajoute on nouveau lustre à ses autres exploits ; Et de plus beaux lauriers, après cette conquête. Auront peut-être peine à couronner sa tétc. Poor s'acquitter vers lui^ je vois sans murmurer. Que du nom de César on songe à Thonorer ; Mais ce rang lui doit être assez de récompense, Sans en prendre aucun droit sur le cœur de Gons- Ctje ne puis, seigneur, que je ne sois surpris [lance ; De voir qu'à tant de gloire enjoigne un si haut prix.

MAXIMIAN

Celle gloire où pour lui je vois que Ton s^obstine,

A lieu d'être sensible au généreux Licine;

Et, aï j'en étais cru. Ton verrait aujourd'hui

Cu peu moins de distance entre Sévère et lui.

tans un pareil degré de vertu, de mérite, [quitte ; Constantin doit à F un, quand vers l'autre il s'ac- ^ quoi qu'ait fait Sévère, il est beau de penser Que qui l'élève trop semble vous abaisser ; KaîB d'un retour brillant de plus d'une victoire,

Le seul rang de Gésar peut consacrer la gloire ;

Et sans voir que c'est faire un attentat sur vous...

LICINE.

KoD, seigneur, de ce rang je ne suis point jaloux. Qu'il coure vers le trône où son destin Tentratae, Qu'on l'ycombled'honneursyjele verrai sans peine;

Mais, pour partage au moins, assuré d'y monter, Qu'il laisse à mon espoir un cœur à disputer. J'en dis trop, mais en vain je me fais violence, Pour pouvoir de mes vœux vous cacher l'arrogance. Du malheur qui les suit la dure cruauté Arrache à mon respect l'aveu de leur fierté ; De mille attraits divins 1^ princesse est pourvue; Sa beauté charme tout, j'ai des yeux, je l'ai vue ; Et, dans ce droit pressant qu'elle a de tout charmer. Puisque j'ai pu la voir, il m'a fallu l'aimer. Non qu'enfin je demande en l'ardeur qui me presse Que contre elle pour moi l'empereur s'intéresse. Qu'il souffre seulement que, pour donner sa foi, Elle n'ait dans ses vœux à consulter que soi; La iprandeur de son rang est peu digne d'envie Si sous son fier éclat il la tient asservie; Et fait dépendre un cœur né pour donner des lois. Du besoin de l'État, et non pas de son choix. Daignez-en à ma flamme épargner le supplice. Vos conseils peuvent tout contre cette injustice; Et quoi qu'à l'empereur vous vouliez inspirer, Il vous estime trop pour n'y pas déférer.

Depuis que Constantin en épousant ma fille, A remis, malgré moi, le trône en ma famille, Pour soutenir un rang que l'on m'a vu quitter. Il a cru presque en tout me devoir consulter : Mais l'éclat des grandeurs qu'il destine à Sévère, De sa sœur avec lui rend l'hymen nécessaire; Et dans ce grand projet on doit peu s'étonner S'il lui prescrit un choix qui la doit couronner. C'est par là qu'ayant su Tamour qui vous engage, J'ai du trône à Sévère envié l'avantage. Et combattu longtemps ce partage inégal, Dont l'injustice accable un illustre rival; Mais la Gaule soumise emporte la balance, Constantin donne tout à la reconnaissance ;

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