‹ Théatre completChapitre 756 sur 1461 · PERSÉE ET DÉMÉTRIUS, ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

PERSÉE ET DÉMÉTRIUS, ACTE III, SCÈNE VI

Juge (le sa douceur, quand on fait présumer Que ce qui nous Tassure a de quoi nous charmer. Demélrius, par là, verra croître sa peine, J'oserai m'applaudir d'un vain litre de reine, Et porterai si haut Téciat de ce revers. Qu'il ne poun*a savoir qu a regret je le perds.

PHÉNICE

Cette douceurpourvousdoitavoirbien descharmes; Mais, si j'ose expliquer mes secrètes alarmes. Cet hymen qui du roi vous soumet les États, Hesembleun peu bien prompt pour ne vous gêner Vous haïssez Pensée; et, comme de la haine [pas. Vers un penchant plus doux le temps seul nous ra-

[mène, Cesl hasarder beaucoup de ne prendre qu'un jour Pour vous accoutumer à souffrir son amour.

ÉRIXÊNB.

loi, par rindigue crainte où ton zèle te jette, ! (k)QseQtir à laisser ma vengeance imparfaite 1 I Cecœar dont tu yeux voir le repos affermi, ÉUil d'intelligence avec mon ennemi, hrde fausses clartés dont je suis éblouie, Vourme le faire aimer c'est lui qui m'a trahie; [1 sous un choix funeste accablant mon amour, ki«x pour m'en venger le trahir à mon tour, lifirt qu'il soit puni d'avoir su mal connaître ^aimant Démétrius il brûlait pour un traître, fiaedun dehors trompeur l'injurieux éclat...

PHÉXICE.

Ce grand triomphe est beau, mais craignez le com- Démétrius paraît. [bat,

ÉRIXÈNE, DÉMÉTRRJS, PHÉNICE.

DÉMÉTRIUS

Que m'apprend-on, madame?

On vous fait de Persée autoriser la flamme; Et, si je puis sans crime en croire un bruit confus, Dès demain son bonheur doit vaincre vos refus.

ÉRIXÈNE.

J'admire que ce bruit ait de quoi vous surprendre Dans le peu d'intérêt que vous y devez prendre. 1 Da gendre de Didas les desseins mal cachés...

DÉMÉTRIUS

Ah! Madame, est-ce vous qui me le reprochez. Et le déguisement dont j'ai puni ce traître. Peut-il abuser ceux qui me doivent connaître? Réduit à m'en servir contre un destin jaloux. Ce qui l'est pour le roi ne peut l'être pour vous. Cependant, quand ma foi croit être en assurance, Didas... Ce nom fatal faittrembler ma constance. Mon cœur s'en épouvante, et son espoir flottant N'ose l'abandonner à tout ce qu'il entend.

ÉRIXÈNE.

figoore ce qu'il craint, mais je puis vous apprendre Qu'il chercheàse flatterdanscequ'il doitentendre, S'il doute que le mien ne ressente pour vous

Ce que l'indifférence eut jamais de plus doux. Dans cet heureux état qui me rend à moi-môme, Persée avec son cœur m'offre le diadème; Et nul exemple encor n'a paru m'enseigner A n'être point sensible à l'ardeur de régner.

DÉMÉTRIUS

Cachez mieux à mon cœur le mal qu'il appréhende, J'entends peut-être plus qu'on ne veut qu'il entende. Et vous vois, malprré moi, dans ce funeste jour Mendier un prétexte à trahir mon amour. Si quelque dur éclat marquait votre colère. Je croirais que ma feinte aurait pu vous déplaire. Et qu'une injuste erreur vous aurait fait penser Que jusques à Didas je voudrais m'abaisser; Mais l'air indifférent dont ma perte est conclue Marque une âme à l'oubli dès longtemps résolue; Et je vois en secret la vôtre s'applaudir D'avoir trouvé par où s'y pouvoir enhardir. Des grandes passions c'est le cours ordinaire. Que le cœur qui les change en prend une contraire; Et quand ces vœux trahis exigent ce retour. S'il nesentpoint de haine, il n'eut jamaisd'amour. Ne rejetez donc point sur ma fausse inconstance Celle où l'ambition pousse votre vengeance. Quelque crime qu'en moi vous ayez présumé, Je serais innocent si vous m'aviez aimé.

ÉRIXÈNE.

Ces grandes passions qu'en suit une contraire. N'entrent pointdaisuneâmcau-dessusdu vulgaire. Qui maîtressedes vœux qu'il lui plaît de former. De la seule vertu prend les ordres d'aimer. Du tumulte des sens l'impérieuse amorce Pour troubler sa raison n'a point assez de force ; Et toujours à ses lois jalouse d'obéir, Ce qui la fit aimer ne la fait point haïr. Tant que vos vœux ont eu ce précieux suffrage. Je ne le cèle point, j'en ai chéri l'hommage. L'inconstance sur eux commence de régner, Je ne m'en souviens plus que pour les dédaigner; Et je me sens une âme et trop haute et trop vaine Pour croire que l'outrage ait mérité ma haine.

DÉMÉTRIUS

Queloutrage,grandsdieux!EtquandcontreDidas...

ÉRIXÉXE.

Je le tiens si léger qu'il ne m'ébranle pas ; Puis-je à vos feux naissants rendre plus de justice? Vous aimerez ailleurs sans que je vous haïsse. Et donnant votre cœur ne serez point gêné D'en voir au moindre ennui le mien abandonné.

DÉMÉTHIUS.

Non, non, si j'ai failli, ma timide espérance

Préfère votre haine h votre indifférence;

Et la foudre, et l'orage auront moins de rigueur

Que le calme odieux qui règne en votre cœur.

Maisquelcrimeai-jefaitquand j'ai craint pour vous

Le piège dangereux que me tondait un frère? [plaire

Mandé sur un hymen par Didas concerté.

Si je résiste au roi, je dois être arrêté.

Et...

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