PERSÉE ET DÉMÉTRIUS, ACTE IV, SCÈNE V
Seigneur, au nom des dieux, laissez-moi ma prin-
[cesse, De quelque aimable objet cherchez ailleurs la foi, Il en est temps pour vous, il n'en est plus pour moi. Dans le fatal revers dont je vois la menace, Jugez jusqu'où s*élend l'horreur de ma disgrâce, Puisque pour tout refuge en de si rudes coups, Elle peut me réduire à n'espérer qu'en vous, En vous de qui la haine à ma perte animée, Du plus âpre courroux tient votre âme enflammée, En vous dont le refus est tout prêt de combler Le mortel désespoir qui me doit accabler. Je le sais, je le vois, mon cœur en sent l'outrage, II s'en émeut de honte, il en frémit de rage; Et toutefois ce cœur qui ne saurait céder, Sûr de n'obtenir rien, s'obstine à demander.
PRBSÉE.
Pendant votre triomphe on a vu ma constance Faire un si long essai d'aimer sans espérance. Qu'il vous sera moins dur de voir qu'à votre tour Une vertu si rare exerce votre amour; Mais pour le dérober au charme qui l'abuse. S'il ne faut qu'obtenir l'aveu qu'on vous refuse, J'emploierai versDidas...
DRMÉTRIUS.
Ahl C'est trop m'outrager.
Je vois ce que sur lui le ciel m'offre à venger. Ce ministre insolent animant votre rage Par sa lâche imposture en achève l'ouvrage; C'est lui dont l'artifice à mon amour fatal, Va du bien qu'on me vole enrichir mon rival; Mais je jure les dieux qu'avant ce coup funeste Mon bras...
PERSÉE
Voici le roi, vous lui direz le reste.