SCÈNE y
PHILIPPE, DÉMÉTRIUS, DIDAS.
DÉMÉTRIUS
Non, non, je n'ai parlé que pour me faire entendre: Et quoi que son faux zèle aime à vous déguiser. S'il ne m'accuse pas, je me veux accuser.
Abîmé dans la rage où son bonheur me jette, Je n'ai plus d'intérêt à la tenir secrète, Il est temps qu'elle éclate, et que mon désespoir Me venge aux yeux de tous de mon lâche devoir. C'est lui qui m'a perdu, lui qui m'a su contraindre D'affecter par respect la bassesse de feindre. Auprès de ma princesse on s'en sert contre moi, On me vole son cœur, on me vole sa foi; Du traître que je vois l'outrageante imposture De mes propres refus tourne sur moi l'injure; Mais ses vœux de ma perte ont beau s'être applau- Je l'ai dit à Persée, et je vous le redis : [dis, Ou le public aveu de sa coupable adresse, Justifiant ma foi, me rendra ma princesse, Ou de mes tristes jours par lui précipités. Son sang, son lâche sang...
PHILIPPE
Insolent, arrêtez.
L'abus où pour un fils aime à tomber un père. Dérobe en vain le vôtre à ma juste colère, Si, plus ma patience en suspend les effets, Plus je vous autorise à de nouveaux forfaits. Leur charme vous emporte, et jusqu'à la menace Vous laissez à mes yeux échapper votre audace; Mais, puisque ni devoir, ni respect écoulé...
Pour l'écouter encore il m'en a trop coûté, )'ai craint votre colère, et me forçais à feiodre; Mais qui vit sans espoir n'a plus lieu de lacraiwirf. Vprès avoir perdu ce qui fut tout mon bien, Périsse l'univers, je ne craindrai plus rien. Ma princesse rendait ma gloire sans seconde. Son cœur me tenait lieu de l'empire du monde, FA sa seule conquête offrait à mes désirs De quoi remplir l'orgueil de mes plus fiers soupir* (Cependant, sur ma vaine et fausse obéissance, Didas de ce refus établit l'insolence.
Il feint qu'il me dédaigne, et de sa trahison le pourrais balancer à me faire raison? Il saura, l'imposteur...
PHILIPPE
Ah ! C'est trop me contraindre Vous l'osez menacer, je vous le ferai craindre, V moi, gardes.
DIDAS.
Seigneur, où vous emportez-vooa Tout mon sang ne vaut pas l'éclat de cecourrooi Le prince est votre fils, et ce vif caractère Qu'en secretla nature imprime au cœur d'un père.
PHILIPPE
Vh ! De quelques forts traits qu'il soit au mienlrae
Par sa coupable audace il est trop effacé;
îc ne vois plus de fils oh la noirceur du crime..
DÉMÉTRIUS
Oui, le mien contre moi vous rend tout légitime, l'arrache votre gloire à l'indigne projet !)'iinir un sang auguste au sang Je plus abject De ce mélange impur la honte repoussée. L'aiïranchit de l'affront où vous l'auriez forcée;