‹ Théatre completChapitre 765 sur 1461 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

PHILIPPE, DIDAS.

pmuppB.

Où, ^ prononcerai malgré tout le murmure rfiv'eamon âme étonnée excite la nature; J^^oisque Ton m'y force, il doit m'être permis

renoncer aux noms et de père et de fils. ieiix, a-t-on jamais vu pousser si loin l'audace? Ifc ma seule clémence il peut espérer grâce; Ison coupable orgueil, bien loin de s'abaisser, ^He encor sa fureur jusques à menacer.

DIDAS.

ei gneur^puisquemamort est toutcequ'il souhaite, Ine mérite pas que l'on s'en inquiète; Ij'ea vois naître en vous des transports superflus, burru que vous n'ayez rien à craindre de plus.

PHILIPPE

n à craindre déplus? Et sans que je m'étonne se sacrifiera l'appui de ma couronne?

s je ^eux qu'en ta mort l'État ne perde rien,

tant ton péril, oublierai-je le mien?

qae Rome a de part dans ces noires pratiques nt, par nos envoyés, j'ai découvert les ligues, qae sur ces projets Quintius lui répond...

DIDAS.

re vrai, seigneur, tout cela me confond; comme Quintius, appuyant son audace, ndonneà ses vœux que le trône deThracc, peur de lui déplaire, et d'aigrir le sénat, son ambition pourra borner l'éclat.

PHILIPPE

fant donc voir toujours que ce sénat me brave, an milieu de ma cour il me traite en esclave, que son fier orgueil, dont j'ai trop pris la loi, souffre par pitié le vain titre de roi ? est un joug dont la guerre a droit de me défendre; Jj porte tous mes vœux, maispuis-jeTentreprendro ^anl que ce lâche fils séduit par les Romains,

Pour les en mieux instruire épiera mes desseins? Non, non, puisqu'à me craindre on nepeutlerédui- 11 faut le mettre enfin hors d'état de me nuire; [re. Il faut que l'arrêtant...

DIDAS.

Seigneur, le pouvez-vous, Sans voir soudain pour lui le peuple contre nous? Par ce qu'il vient dédire il en a l'assurance; Et, comme il vous faudra forcer son insolence. Gardez qu'en l'essayant vous ne hasardiez tout. Si vous l'entreprenez sans en venir à bout. Qui combat sa fureur, l'irrite s'il lui cède.

PHILIPPE

Dieux! Mon mal est-il tel qu'il n'ait plus de remède ?

DIDAS.

Il en reste un, seigneur, mais si dur, si fatal. Qu'il vous serait encor plus affreux que le mal; Moi-même j'en frémis quand je me le propose.

PHILIPPE

Ah ! Pour vivre sans maître il n'est rien que je n'ose. C'est trop voir les Romains pousser les rois à bout. Fais-m'en braver l'empire, et je consens à tout.

DIDAS.

Ce noble et juste orgueil n'ofl*re qu'un choix à faire : Pour être roi, seigneur, il faut n'être plus père. La saine politique a pour seul fondement L'inébranlable ardeur de régner sûrement; Et qui craint dans un mal une suite funeste. Purge le mauvais sang qui corrompait le reste. Un fils à la nature a beau servir d'objet, Siiêt qu'il est coupable, il n'est plus que sujet ; Et quand contre l'État Démétrius conspire, Sa mort seule... Mais quoi I Votre cœur en soupire I Je vous l'avais bien dit, le remède est afi'reux.

PHILIPPE

Soufi're cette faiblesse en un roi malheureux. D'abord, pour braver Rome, un mouvement sévère M'a fait voir, comme à toi, cette mort nécessaire; Mais de tant de rigueur tous mes sens indignés, Étoufi'ant malgré moi...

DIDAS.

Servez donc, et craignez.

Pour conserver un fils, il faut souffrir un maître.

PHILIPPE

TomT)e plutôt ce trône où le ciel m'a fait naître. Ce n'est plus ton péril que j'aime à repousser, C'est l'affront d'obéir que je veux effacer. Que me viens-tu donc dire, indiscrète nature? Pour un indigne fils fais cesser ton murmure; Pourquoi nourrir des droits qu'il ne respecte pas? C'en est fait, j'ai donné l'arrêt de son trépas; Je me rends, il mourra, sa perte est résolue.

DIDAS.

Tout autre, dès longtemps, l'aurait déjà conclue ; Mais, comme votre cœur est moins dur que le sien, Avant qu'en donner l'ordre, examinez -vous bien. Quipeutcraindreun remords s'apprête un sortbien Et,quelquedureauxroisquesoitlaservitude,[rude; C'est à vous à juger s'il peut m'être permis

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